Roubaix : les syndicats de La Redoute appellent la population à se mobiliser, le 13 décembre

Dimanche 1er décembre 2013, par lohann // La Redoute

Une « grande manifestation locale » suivie d’un meeting : c’est le prochain rendez-vous, fixé au vendredi 13 décembre, par l’intersyndicale de La Redoute. Qui appelle toute la population à se mobiliser pour l’emploi.

Après la manifestation de salariés de La Redoute à Paris, la question qui se posait à l’intersyndicale était compliquée : comment poursuivre la mobilisation ? Comment aussi maintenir les salariés dans l’action ? Car mardi dernier, les responsables syndicaux en ont su un peu plus sur la « fiducie », le dispositif qui permettra d’assurer des garanties aux salariés, « qu’elles soient sociales, salariales, à des fins industrielles, de modernisation, d’investissements divers ». Un premier grand pas dans le sens des demandes formulées jusqu’ici ? Certes, mais comme le souligne l’intersyndicale, « il n’y a pas de schéma clef en main : tout est à construire. Notre combat est d’obliger François-Henri Pinault à mettre les moyens dans cette fiducie, à la hauteur de ce que nous, les salariés de La Redoute, sommes en droit d’exiger ».

Une mobilisation large

Pour essayer de marquer de nouveau les esprits, il faut donc faire davantage. C’est ce qui justifie l’appel à une « grande manifestation locale » le vendredi 13. Dans le tract qu’elle va distribuer à la population dans les prochains jours (à Roubaix, Tourcoing, Wattrelos et Lille), l’intersyndicale le souligne. « Les Pinault père et fils viennent d’annoncer plus de 700 licenciements, et le découpage en morceaux de La Redoute. Ils veulent s’en débarrasser car, d’après eux elle ne vaudrait plus rien. Ils se préparent à donner plusieurs centaines de millions d’euros à un repreneur pour qu’il s’occupe de la casse sociale. De l’entreprise, il ne resterait alors plus que quelques centaines de salariés, tous les autres seraient soit externalisés, soit licenciés (…) Nous nous adressons à vous car nous sommes tous touchés, par ces attaques sur nos emplois. Nous avons tous, dans nos familles, des personnes au chômage. Nous savons, tous, ce que cela représente. » L’heure et le lieu précis de cette manifestation (qui sera suivie d’un meeting) n’ont pas encore été détaillés par les responsables syndicaux de La Redoute. Qui espèrent néanmoins voir « l’ensemble de la population, les salariés des autres entreprises, les militants, les clients de La Redoute, les retraités de La Redoute… »

Une annonce dans les deux semaines

Jeudi, Jean-Claude Blanquart, délégué central CFDT, s’était rendu au comité de groupe européen de Kering (La Redoute y a encore sa place). Son souhait, c’était d’exprimer les craintes et les demandes des salariés de l’entreprise devant François-Henri Pinault. « Mais il n’est pas venu. On nous a dit que c’était prévu… » Du coup, c’est Jean-Marc Duplaix, le directeur financier de Kering, qui a présidé la réunion. Aucun intérêt pour le délégué, car c’est ce même directeur financier que les syndicats rencontrent depuis juin lors des réunions d’information sur la cession et qu’ils ont vu à Paris, lors de la manifestation. « J’ai quand même réitéré la demande d’entrevue entre les délégués syndicaux de La Redoute et François-Henri Pinault ». Jean-Claude Blanquart a pu rencontrer ses collègues européens. « Malheureusement, beaucoup ne connaissent pas les problèmes de La Redoute. Ils en ont entendu parler mais n’en ont pas pris la mesure. Mais un délégué de Relais Colis a quand même demandé des garanties pour son entreprise », qui dépend pour 40 % du trafic des commandes de La Redoute.

En ajoutant les quelques informations glanées lors de cette réunion et des bruits de couloirs, parmi les trois repreneurs en lice, un nom pourrait tenir la corde. Il s’agit d’Altarea, le groupe qui détient le site Rue du Commerce. Mais les incertitudes demeurent. Elles devraient vite se dissiper, car l’annonce du nom du « gagnant » pourrait tomber dans les deux semaines.

Le 1er Décembre 2013 - La Voix du Nord

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