Doux : Seuls 10 % des salariés licenciés ont retrouvé un CDI

Dimanche 1er décembre 2013, par lohann // Doux

Plus d’un an après le licenciement de 873 salariés chez le volailler breton Doux, seules 87 personnes ont retrouvé un CDI.

Peu qualifiés, souvent usés par la pénibilité du travail dans les abattoirs de volailles - gros pourvoyeur de troubles musculo-squelettiques - et concentrés, en Bretagne, sur une zone où le volailler était l’employeur principal, les "ex-Doux", essentiellement des seniors n’ayant connu que cette entreprise, cumulent les difficultés.

D’autant que " les offres d’emplois ont fondu comme neige au soleil, particulièrement pour les emplois peu qualifiés ", souligne Jean-Marc Thépaut, secrétaire général de la CFDT dans le Morbihan, qui confie son " inquiétude pour cette population ", âgée en moyenne de 52-53 ans et peu mobile. Sur les 873 salariés restés sur le carreau après la liquidation en août 2012 du pôle "frais" de Doux, 87 sont en CDI - dont 30 issus du pôle administratif de La Vraie Croix (Morbihan) - et 59 en CDD de plus de 6 mois, selon des chiffres datant de septembre, et fournis par leurs syndicats.

Dans la moyenne La plupart des Morbihannais ayant retrouvé un emploi travaillent désormais dans l’agroalimentaire ou des secteurs variés (techniciens de maintenance, assistantes familiales ou de gestion...), selon Pôle Emploi, qui note que seulement deux d’entre eux ont quitté la région. Au total, quelque 280 autres sont à la recherche d’un emploi, 95 bénéficient d’une formation de moins de 6 mois, 88 d’une formation de 6 à 12 mois, 3 d’une formation de plus d’un an et 17 ont créé une entreprise. Outre les 471 personnes licenciées en Bretagne, 246 salariés ont été remerciés dans le Pas-de-Calais, 139 dans le Centre et 17 dans le Vaucluse. Si ce résultat n’est pas satisfaisant, il y a " malgré tout quelque chose de positif, car on avait un public peu formé, qui ne voulait pas forcément suivre de formation au départ ", note Stéphane Lavigne, directeur de Pôle Emploi dans le Morbihan.

Dès septembre 2012, un important arsenal de mesures a été déployé. Un Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) d’un an, financé par l’Unedic et l’Etat, a garanti aux anciens salariés 80% de leur salaire net et un accompagnement personnalisé par Pôle Emploi. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), financé par Doux (3,5 millions d’euros) et prolongé jusqu’en juin 2014, prévoit aussi des mesures de formation, d’aide à la mobilité et à la création d’entreprise.

1,4 millions de formation

Au total, plus de 400 formations pour près d’1,4 million d’euros ont été financées, selon la préfecture de région. Elles ont concerné le transport, la logistique, la sécurité, le sanitaire et le social, le secrétariat. Des formations cruciales pour nombre d’entre eux. " On a vu des salariés un peu perdus, une soixantaine n’avaient jamais vu un ordinateur ou des connexions internet ", relève Jean-Marc Belz, conseiller chez Opcalia Morbihan, un organisme collecteur finançant les formations. " On ne vous a jamais demandé de faire autre chose que couper des cuisses de dinde et mettre de la viande dans des barquettes : le gros frein pour retrouver un emploi, c’est le manque de formation, tempête Jean-Luc Guillart, ancien délégué CFDT chez le volailler. Les formations obligatoires pour faire tourner l’entreprise (sécurité, hygiène) étaient effectuées mais pas les formations pour développer les compétences des ouvriers."

Le 1er Décembre 2013 - Lorient MaVille

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