Mory Ducros : les salariés montent au front

Mercredi 27 novembre 2013, par lohann // Mory Ducros

Une centaine de salariés de Mory Ducros manifestaient mardi après-midi devant le tribunal de commerce de Pontoise (Val-d’Oise), où se joue à partir de 16 heures l’avenir du numéro deux du transport de colis, qui a demandé son placement en redressement judiciaire. Le groupe emploie 5 000 salariés et fait travailler 2 000 sous-traitants, et son dépôt de bilan est l’un des plus importants en France depuis 2001. Arcole Industries s’est dit prêt "à participer à une offre de reprise partielle". Christiane Daunas a demandé "à l’État de ne pas lui donner un chèque en blanc pour la suite".

"On ne baisse pas les bras, on est là pour se bagarrer, pour sauver un maximum d’emplois", a lancé Fabian Tosolini, secrétaire national de la Fédération des transports de la CFDT, premier syndicat de l’entreprise, qui estime possible de sauver une cinquantaine d’agences, soit environ 3 000 emplois. "Le redressement judiciaire, ce n’est pas la fin de l’entreprise" Mory Ducros, qui "a un avenir en France", a-t-il assuré.

"Notre espoir, c’est que tous les salariés soient repris et aient un avenir", a ajouté Eddy Ludwikowski, un représentant du personnel CGT en région parisienne. "Il ne nous reste plus que quelques mois pour faire pression sur le gouvernement et trouver une solution", a-t-il ajouté. "On travaille comme des chiens et on ne fait pas de bénéfice, ça, je ne le comprends pas", s’est exclamé de son côté Amar Mihi, 48 ans, qui travaille depuis 13 ans comme manoeuvre dans l’entreprise. "Ma femme a appris la nouvelle avant moi à la télé", s’est désolé cet homme, qui a dénoncé la "mauvaise gestion" de l’entreprise. "J’ai quatre enfants et une femme à nourrir", a ajouté le salarié de Vénissieux (Rhône).

"Mettre le nez dans les comptes"

Des représentants de Mory Ducros du site de Bruguières, près de Toulouse, avaient été reçus mardi matin à la préfecture pour dire leur inquiétude à l’heure de l’examen de la demande de placement en redressement judiciaire du transporteur. "On espère que l’État va mettre le nez dans les comptes de Mory Ducros pour comprendre comment on se retrouve là aujourd’hui", a expliqué aux journalistes Christiane Daunas, déléguée CGT du site. Les 130 salariés du site "sont soit anéantis, soit en colère, ils sont très anxieux", a-t-elle ajouté.

Une quinzaine de salariés s’étaient rassemblés devant la préfecture de la Haute-Garonne à l’occasion d’un appel à manifester de la CGT, de la FSU et de Solidaires pour protester contre la réforme des retraites, qui a réuni environ 200 personnes. Une délégation de Mory Ducros, qui avait plus tôt dans la matinée distribué des tracts aux automobilistes, a été reçue en préfecture. Les salariés, qui ont expliqué qu’ils ne s’étaient pas mis en grève pour ne pas compliquer la situation et "conserver l’activité", ne cachaient pas leur pessimisme. "Je ne suis pas très confiant", a dit Alain, 15 ans d’ancienneté derrière lui. "Ça fait deux ans et demi que l’actionnaire (Arcole) nous a repris. Force est de constater que l’exercice est encore déficitaire", a-t-il dit. "Que faut-il faire pour retrouver l’équilibre" dans un secteur en grande difficulté ?" a-t-il demandé.

Le 26 Novembre 2013 - Le Point

Voir aussi :Dordogne : opération escargot des employés de Mory-Ducros

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