Douche froide chez VG Goossens à Marcq : le repreneur abandonne

Lundi 25 novembre 2013, par lohann // VG Gossens

L’industriel belge Van De Velde a renoncé à son projet de reprise de la société VG Goossens, de Marcq-en-Barœul. Cette nouvelle, communiquée aux représentants des salariés hier par le cabinet de Pierre de Saintignon, a été annoncée à l’ensemble du personnel vendredi matin.

« Beaucoup de salariés espéraient un jour retravailler là, sur le site de Marcq. Alors, il y a eu une énorme déception », résumait ce vendredi Olivier Debels, délégué FO, encore sous le coup de l’annonce du retrait de Van de Velde. Rappelons que le groupe Van De Velde, fabricant et imprimeur d’emballages en carton de Gand, avait présenté sa candidature à la reprise de l’activité de Goossens, quelques semaines après le jugement de liquidation judiciaire prononcé le 4 septembre.

Le petit industriel belge, intéressé par le site de La Pilaterie pour y élargir son activité d’impression de carton, s’est dans un premier temps heurté à un problème lié au terrain et aux bâtiments. Le site avait en effet été vendu en crédit-bail, il y a quelques années, à une grande banque d’affaire belge, KBC. Et cette dernière avait refusé dans un premier temps de céder sa convention de « lease back ».

Après l’intervention des pouvoirs publics, et singulièrement de Pierre de Saintignon, premier vice-président du conseil régional chargé du développement économique, le feu vert avait finalement été donné par l’établissement bancaire belge.

Plan de licenciement validé

Plus d’obstacle ne semblait pouvoir dès lors empêcher la reprise. Pierre de Saintignon lui-même nous avait d’ailleurs envoyé un communiqué, le 7 novembre, dans lequel il se réjouissait de l’issue favorable du dossier. Las. Quelques jours plus tard, tout le monde était refroidi...

Selon des informations que nous avons recueillies auprès des salariés, qui ne nous ont cependant pas été confirmées par l’industriel Van De Velde, ce dernier aurait essuyé un refus de financement de sa propre banque qui n’a pas voulu entériner son business plan. Celui-ci prévoyait, notamment, un redémarrage rapide de l’activité avec, dans un premier temps, une trentaine de salariés. Le conseil régional s’était engagé de son côté à aider le plan de développement au fur et à mesure des réembauches supplémentaires qui seraient venues par la suite.

Les mauvaises nouvelles se succédant, les salariés viennent d’apprendre par ailleurs que le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) a été validé par le Directeur régional du Travail, comme le veut la nouvelle loi entrée en application le 1er juillet. Les salariés ont donc déjà commencé à recevoir leurs lettres de licenciement. Mais ces mêmes salariés ont refusé de le cautionner, lors de la réunion extraordinaire du comité d’entreprise qui s’est tenue les 6 et 7 novembre à la DIRECCTE puis chez VG Goossens. Les modalités du PSE étant, selon eux, totalement inacceptables (pas d’indemnités supra-légales de la part de l’actionnaire Van Genechten, propositions de mutations dans d’autres usines du groupe aux Pays-Bas, à Anvers ou… en Lettonie). L’avocat des salariés, Me Stéphane Ducrocq, a décidé de contester la décision de la DIRECCTE (donc de l’État) devant le tribunal administratif.

Une usine toujours occupée

L’usine est toujours occupée par les salariés. En effet, les délégués et autres élus du personnel, dont la loi prévoit un traitement spécifique, n’ont été informés officiellement de leur PSE qu’hier à la DIRRECTE. Ils sont donc toujours salariés de Goossens. « Mais nos licenciement seront effectifs sans doute le 8 ou le 9 décembre », confiait Olivier Debels ce vendredi.

Ce jour-là, les salariés seront dans l’obligation, d’un point de vue réglementaire et légal, de quitter l’usine qu’ils occupent sans discontinuer depuis le début de l’été. Et de la laisser à Me Martin, le liquidateur, qui pourra alors procéder à la vente du matériel et des autres actifs de la société.

Le 22 Novembre 2013 - La Voix du Nord

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