Gad : échanges tendus entre ministres et salariés

Dimanche 24 novembre 2013, par lohann // Gad

Toutes les parties prenantes dans le suivi de la fermeture de l’abattoir Gad (850 salariés) à Lampaul-Guimiliau (29), État, politiques, syndicats, propriétaire, étaient invitées à une réunion de travail, vendredi matin, autour de Michel Sapin et Guillaume Garot, les ministres du Travail et de l’Agroalimentaire. Une réunion, en mairie, pour laquelle le syndicat FO, fer de lance dans cette tragédie économico-sociale, voulait jouer la partition de la chaise vide. Son leader, Olivier Le Bras, finira part accepter d’y prendre part, ayant « la parole » de Michel Sapin de se rendre par la suite à la Tannerie rencontraient le personnel réuni en assemblée générale.

Durant cette visite non programmée, les deux ministres ont tenté de rassurer les quelque 450 salariés présents, manifestement sceptiques. « Nous ne sommes pas de marchands d’illusions, a lancé le ministre du Travail. On est ici pour faire le suivi des engagements de l’entreprise et de l’État, tout faire pour éviter que le site devienne une friche industrielle en trouvant des solutions à sa reconversion, en analysant toutes les hypothèses à la viabilité économique durable ». Premières huées de l’assemblée au mot « Reconversion » qui fâche.
« Ce que nous voulons, c’est que le site reste un abattoir »

Cherchant l’apaisement, Michel Sapin poursuit : « Je salue votre combat dans des conditions extrêmement difficiles. L’autre objectif maintenant est de maintenir et d’améliorer l’emploi dans la région et le pays de Morlaix. J’y suis particulièrement attentif. L’État a décidé de mettre en place un CSP renforcé (Contrat de sécurisation professionnelle renforcé), garantissant une très grande majorité de vos salaires durant un an et d’accompagner individuellement à la recherche d’emploi et la formation ». Coupant court à un éventuel régime de faveur, la salle lance d’une quasi-seule voix : « C’est la loi, uniquement la loi ! » Au bord des larmes, une jeune femme crie du fond de ses tripes : « C’est n’importe quoi ce que vous dites ».

En guise de conclusion, pour maintenir le moral de « ses » troupes, Olivier Le Bras lance : « Ce que nous voulons, ici, c’est que le site reste un abattoir ». Pluie d’applaudissements des salariés qui entendent, enfin, ce qu’ils voulaient. Après une bonne demi-heure d’exercice infructueux pour convaincre sur une reconversion du site, les deux ministres repartiront sous les huées.

Le 22 Novembre 2013 - Ouest France

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