Manifestations en Bretagne : entre 6.500 et 13.000 personnes dans la rue

Dimanche 24 novembre 2013, par lohann // actualité générale

Des manifestations, à l’appel de sept syndicats régionaux, CFDT, CGT, Solidaires, CFTC, Unsa, CFE-CGC et FSU, ont eu lieu samedi à Rennes (Ille-et-Vilaine), Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), Lorient (Morbihan) et Morlaix (Finistère).

Entre 6.500 et 13.000 personnes ont ainsi battu le pavé samedi en Bretagne, une mobilisation inférieure à celles des "Bonnets Rouges" début novembre à Quimper, alors que les syndicats espéraient reprendre la main en exigeant des mesures sociales dans le "Pacte d’avenir" lancé par l’Etat. Dans le détail, les manifestations, à l’appel de sept syndicats régionaux -CFDT, CGT, Solidaires, CFTC, Unsa, CFE-CGC et FSU-, ont rassemblé dans la matinée à Rennes 2.200 manifestants selon la police, 3.000 selon les organisateurs. Ils étaient entre 750 et 2.000 à Saint-Brieuc, et entre 1.100 et 3.000 à Lorient. Dans l’après-midi, à Morlaix, le cortège a rassemblé entre 2.500 et 5.000 personnes.

Les syndicats, qui réclament des mesures sociales dans le "Pacte d’avenir" lancé par l’Etat, ont semble-t-il, déjà obtenu des garanties : le ministre délégué à l’Agroalimentaire Guillaume Garot a assuré samedi matin sur Europe 1 qu’une "dimension sociale" serait donnée au Pacte d’avenir, notamment dans l’industrie agroalimentaire. A Lorient samedi étaient présents les leaders de la CFDT Laurent Berger et de la CGT Thierry Lepaon. Ce dernier doit se rendre à la manifestation de Morlaix dans l’après-midi, au coeur de la zone la plus touchée par "la crise bretonne". Les deux leaders syndicaux défilaient côte à côte samedi derrière une banderole : "Pour l’avenir de la Bretagne, mobilisons-nous pour un pacte social en faveur de la Bretagne".

Vague de plans de restructurations dans l’agroalimentaire

Seule Force ouvrière-Bretagne s’est désolidarisée de cette intersyndicale, comme elle a rejeté, au niveau national, l’appel de la CFDT et de la CGT à constituer un front uni face à la "gravité de la situation" du pays et "la menace populiste". Mais les drapeaux de FO devaient quand même flotter dans le ciel rennais, le syndicat ayant déjà appelé en octobre à manifester en Ille-et-Vilaine contre les plans de licenciements qui se sont succédé en Bretagne depuis plus d’un an.

La Bretagne est en effet frappée par une vague de plans de restructurations dans l’agroalimentaire, les télécoms et l’automobile, trois piliers de l’économie régionale. Avec cette journée de mobilisation, l’intersyndicale entend peser sur le "Pacte d’avenir pour la Bretagne" lancé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault mi-octobre pour tenter de trouver des solutions pérennes à la crise, amplifiée par le rejet de l’écotaxe. Formation, accompagnement des personnes licenciées, conditions de travail sont les principales mesures revendiquées par les syndicats, au même titre que les modalités du dialogue social pour que les salariés participent effectivement à la réflexion sur les mutations économiques et industrielles dans la région. Des mutations qui "doivent être anticipées pour permettre aux salariés de se réorienter et de se former dans un parcours sécurisé et ainsi éviter les suppressions d’emplois", pointent les organisations syndicales.

Une mobilisation plus faible que celles des "Bonnets rouges" ?

Le niveau de la mobilisation de samedi devait être scruté avec attention : il s’agissait en effet pour les syndicats de s’imposer face au mouvement des "Bonnets rouges". Si le nombre de manifestants a finalement été moins important, les syndicats se veulent tout de même positifs. "Ce qui compte, ce n’est pas les chiffres, c’est de recentrer le débat sur l’emploi, le volet social du Pacte d’avenir", a ainsi assuré à l’AFP le leader régional de la CFDT, Louis Baron.

Le mouvement des "Bonnets rouges" est à l’initiative d’une manifestation pour l’emploi et contre l’écotaxe ayant rassemblé début novembre à Quimper entre 15.000 et 30.000 personnes, une foule hétéroclite de salariés, de chefs d’entreprises, d’élus, de militants politiques et régionalistes. Les Bonnets rouges ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 30 novembre, à Carhaix, la ville dont le maire est Christian Troadec, un des animateurs du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", à l’initiative des "Bonnets rouges".

Le 24 Novembre 2013 - TF1

Répondre à cet article