Une journée très chargée sur le front social

Vendredi 22 novembre 2013, par lohann // actualité générale

Outre les agriculteurs, des douaniers, des gardiens de prison ou encore des salariés manifestent. Plusieurs comités d’entreprises en difficulté se réunissent par ailleurs.

Les agriculteurs d’Ile-de-France ne sont pas les seuls à faire entendre leur voix ce jeudi. De nombreuses autres manifestations sont en effet prévues dans la journée, à l’initiative de salariés, des douaniers ou encore des gardiens de prison. Plusieurs comités d’entreprises devraient par ailleurs statuer sur l’avenir d’entreprises en difficultés. Revue de détail.

• Au moins 400 salariés de La Redoute se sont rendus ce jeudi vers 14h devant le siège de Kering, son propriétaire, où ils espèrent rencontrer François-Henri Pinault, patron du groupe, dans l’après-midi. Leur objectif est d’obtenir la garantie qu’il n’y aura pas de licenciements secs, ainsi que des mesures d’accompagnement et de reclassement après l’annonce, le 29 octobre dernier, de la volonté de Kering de céder leur entreprise. Lors d’une réunion mardi à Roubaix, la direction a annoncé qu’un troisième repreneur s’était montré intéressé, mais les syndicats craignent la suppression de 700 emplois sur les 2400 à 2600 que compte la Redoute. Une dizaine de salariés du théâtre Marigny, en partie géré par le groupe Pinault , se sont joints à ceux de la Redoute pour protester contre le licenciement de 21 salariés sur 47, alors que le théâtre est fermé pour travaux.

• Les trottoirs du ministères de l’Economie sont occupés, depuis midi, par plusieurs centaines de douaniers en colère. Ils manifestent, à l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, USD-FO, Solidaires et Unsa contre la baisse des effectifs et des moyens prévue par le projet stratégique 2013-2018 de leur administration, « sorti du bois la semaine dernière », selon un syndicaliste Solidaires.

• A Toulouse, entre un cinquantaine et une centaine de gardiens de prison ont bloqué jeudi matin l’accès à la maison d’arrêt de Seysses, pour protester contre l’abrogation de la supprimant les fouilles corporelles systématiques des détenus. « Cette diminution des fouilles entraîne plus de racket entre détenus, plus de violences et moins de sécurisation au sein de nos murs », se plaint Philippe Campagne, délégué régional FO. Les gendarmes sont intervenus à 9h ce matin pour rétablir l’accès à l’établissement.

• Un comité central d’entreprise extraordinaire a lieu ce jeudi chez Goodyear pour examiner la proposition de reprise du site d’Amiens Nord par Titan. Après une première offre retirée avec fracas, l’Américain a à nouveau proposé de reprendre le site, et 333 de ses 1173 salariés. Mais il exige que la direction se mette d’abord d’accord avec les syndicats sur un plan social. Devant l’Assemblée nationale mardi, le ministre du Redressement productif a précisé que deux autres entreprises sur les 57 entreprises contactées par le ministère s’étaient montrées intéressées, avant de se retirer en raison « de l’extrême conflictualité du dossier ». Goodyear, Titan, la CGT : « Il va falloir que tout le monde fasse un petit effort », a expliqué le ministre.

• Un comité d’entreprise s’est également réuni au sein de la société nordiste Arc International, en grandes difficultés financières. La direction de cette cristallerie qui emploie 5200 salariés a annoncé à leur grand soulagement qu’elle ne prévoyait pour l’instant aucun plan social. « Ils ne vont pas toucher aux salaire et ils n’envisagent pas de licenciements pour 2014, a rapporté un élu Unsa de l’entreprise. « Ils ont l’air de dire que les premières mesures prises, chômage partiel et blocage des investissements, commencent à porter un peu leurs fruits. Ils ont bon espoir de pouvoir continuer à négocier les prêts et que les banques continuent à nous accompagner ». « Pour le court terme ça va. On est pratiquement sûrs de passer 2014 correctement », a confirmé un élu CFT. Les syndicats redoutaient que l’entreprise n’annonce de nouvelles mesures d’économies pour « arrêter l’incendie », à savoir une dette de 500 millions d’euros. Une économie immédiate dès début 2014 d’environ 80 millions d’euros avait été évoquée lors d’une présentation aux cadres la semaine dernière, selon un délégué CGT.

• Le tribunal de Créteil se prononcera enfin sur les conditions de mise en oeuvre d’un plan social de 338 postes chez Ricoh France, soit 13% de ses effectifs. Le comité d’entreprise du fabricant de produits bureautique espère faire reconnaître l’illégalité du plan de sauvegarde de l’emploi, l’un des premiers négociés depuis la nouvealle loi encadrant les licenciements collectifs.

Le 21 Novembre 2013 - Le Figaro

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