Finistère : fin du conflit à Marine Harvest

Mercredi 13 novembre 2013, par lohann // Marine Harvest

Les salariés de Marine Harvest, qui bloquaient leur site de Poullaouen, dans le Finistère, depuis le 4 novembre, ont voté la fin du conflit, mercredi 13 novembre. La reprise du travail, dès jeudi, a également été décidée lors d’une assemblée générale.

Les cent quatre-vingt-sept salariés des deux sites de Poullaouen (production et expédition), près de Carhaix, ont voté à l’unanimité la fin du conflit. Ils ont obtenu notamment quatre-vingts propositions de reclassement sur le site de Landivisiau (Finistère) au lieu des soixante-quatre prévues initialement, ainsi que des congés de reclassement pour les salariés licenciés.

Le site de production fermera le 31 mai 2014 et le site d’expédition en décembre 2015, la direction ayant annoncé au comité central d’entreprise que la décision de fermer le site finistérien était "irrévocable".

"ON NE PEUT PAS APPELER ÇA UNE VICTOIRE"

Les salariés ont obtenu une prime de mobilité de 15 000 euros, et les congés de reclassement, à 100% du salaire, sont de douze, quatorze ou seize mois en fonction de l’âge des salariés.

En outre, Marine Harvest renonce à la suppression de dix-sept postes à Landivisiau, prévue initialement. Concernant les indemnités supra-légales, les salariés obtiennent 1 440 euros par année d’ancienneté et 720 euros par année d’âge ou 840 euros à partir de 50 ans. Ainsi, un salarié de 55 ans avec trente-cinq ans d’ancienneté peut obtenir plus de 90 000 euros, en plus de l’indemnité légale, de 22 000 ou 23 000 euros.

"On se satisfait de ça, mais on n’a pas réussi le combat sur le maintien de l’usine", a expliqué Roger Potin, l’avocat du comité d’entreprise, regrettant que "depuis le début, le groupe nous dit que le prix du poisson a augmenté et que ce n’est plus rentable de faire du bas prix à Poullaouen".

"On ne peut pas appeler ça une victoire, si ça avait été une victoire, je vous aurais dit qu’on a réussi a sauver les emplois sur Poullaouen", a renchéri Denis Castel, un élu du comité d’entreprise.

Le groupe norvégien a annoncé en juin la suppression de quatre cents postes en Bretagne, dont deux cent quatre-vingt-sept CDI (contrat à durée indéterminée) à Poullaouen. Le dossier Marine Harvest est au cœur de la crise agroalimentaire bretonne, dénoncée par le mouvement des "bonnets rouges" ces dernières semaines.

Le 13 Novembre 2013 - Le Monde

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