L’abattoir Gallais de Pontivy fermera au printemps 2014

Dimanche 10 novembre 2013, par lohann // Gallais

On savait déjà depuis mi-septembre que l’abattoir Gallais Viandes de Pontivy (74 salariés) allait fermer. Son propriétaire, le groupe Bigard, 3e industriel européen de la viande, a décidé de transférer cette activité sur ses sites de Quimperlé, dans le Finistère, et de la Socopa à Montauban-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine. Mais le calendrier de cette opération restait flou. Plus maintenant. Jeudi, la direction a annoncé aux syndicats que le déplacement des salariés démarrerait le 1er avril 2014.

On espère un repreneur

Pour les syndicats et les élus vient maintenant le temps des négociations. « On espère un repreneur pour sauver l’outil de production », lance Loïc Garnier, délégué CGT de Gallais Viandes. Comme les élus pontivyens, il souhaite organiser des réunions avec les dirigeants. « Nous devons vite réunir tout le monde autour de la table, opine Jean-Luc Oliviéro, le président de Pontivy communauté, très mobilisé sur ce dossier. Il nous faut connaître les intentions du groupe Bigard et savoir dans quelle mesure il sera tenu de réindustrialiser le site ou d’organiser une passation par les services de l’État. »

Des situations familiales complexes

L’élu ne cache pas qu’il compte sur le préfet pour faire pression sur le groupe Bigard pour faciliter la reprise. « On veut se donner tous les moyens de poursuivre une activité dans les locaux de Gallais Viandes. » Il n’empêche. Pour la CGT, les jeux sont faits : « On craint que la direction veuille désindustrialiser le site », glisse Loïc Garnier.

Étonnamment, Hervé Gabaud, le directeur général des ressources humaines du groupe Bigard, ne comprend pas ces inquiétudes : « Non Gallais Viandes ne ferme pas. On transfère les activités sur les sites de Montauban et Quimperlé. C’est une grande nuance. Notre objectif est bien de garder tout le monde et de ne pas faire de chômeur. Dans ce cadre-là, on organise la mobilité interne des salariés dans un rayon de 100 km. » Et d’expliquer que des négociations ont commencé pour apporter des indemnités kilométriques et déterminer le montant des primes de déménagement.

« Une cinquantaine de salariés se sont déjà prononcés en faveur de la mobilité, précise Hervé Gabaud. Bien sûr, il y aura des gens qui ne souhaiteront pas se déplacer pour une raison x ou y. Il y a des situations familiales complexes. Dans ce cas, nous lancerons des procédures de licenciement économique individuel avec des mesures économiques adaptées. On va les accompagner et essayer de leur trouver quelque chose de sérieux. Mais, encore une fois, on souhaite que ces situations soient mineures, voire égale à zéro. »

Bref, pas de plan social, comme le redoutent certains ? « Non. Nous avons repris Gallais Viandes en 2000 dans une situation dramatique. Nous y avons formé beaucoup de gens. Ce n’est pas pour les abandonner aujourd’hui. On n’est pas prêt d’aller travailler en Chine ou de délocaliser. On reste un groupe qui tient son rang en Bretagne. »

Reste la question de l’avenir de l’abattoir de Pontivy. « Notre priorité est de faire basculer les gens sur des sites plus modernes pour améliorer notre compétitivité, répond le directeur général des ressources humaines. Nous ne savons pas encore ce que nous allons faire du site. Mais je me suis engagé auprès du préfet à rencontrer les élus de Pontivy après le 15 janvier pour en parler. »

Voilà un peu d’espoir. Reste à convaincre les salariés, qui, eux, n’oublient pas qu’ils ont appris la décision de transfert par la presse, en septembre dernier. Alors que la direction leur assurait encore que rien n’était décidé quelques jours avant.

Le 10 Novembre 2013 - Ouest France

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