Sages-femmes en grève

Jeudi 7 novembre 2013, par lohann // Santé

Après la manifestation de plusieurs milliers d’entre elles, à Paris, la ministre de la santé, Marisol Touraine, a reçu, jeudi 7 novembre dans la soirée, une délégation de sages-femmes. "Elles se sentaient invisibles, mal reconnues (…) Moi, je veux leur permettre d’être plus visibles", a-t-elle indiqué, précisant leur avoir expliqué qu’elle reconnaissait "pleinement leur travail et leur mission".

Elle a également annoncé la mise en place "d’un groupe de travail qui tiendra[it] sa première réunion avant la fin du mois de novembre". Si elle a affirmé "vouloir mettre en place une réflexion pour (…) définir la manière de conforter leur rôle et leur mission de professionnelles médicales de premier recours", la ministre a précisé que l’objet de ce groupe de travail était de réfléchir à leur statut au sein des hôpitaux.

"COMPÉTENCES MÉCONNUES"

En grève depuis le 16 octobre, plusieurs milliers de sages-femmes ont défilé jeudi à la mi-journée à Paris pour réclamer une meilleure reconnaissance de leurs compétences et une visibilité plus importante auprès du grand public. Ces professionnels et étudiants sages-femmes venus de toute la France ont pris le départ de la manifestation peu après midi depuis la place Denfert-Rochereau (14e arrondissement) en direction du ministère de la santé (7e).

Les organisateurs ont recensé plus de 4 000 manifestants, avec les rassemblements organisés en province, soit un quart de la profession, ont-ils précisé à l’AFP, faisant part de leur "grande satisfaction". Dans le cortège parisien se côtoyaient blouses blanches, masques blancs et sifflets. Parmi les slogans entendus : "Métier formidable, conditions fort minables", en référence aux paroles du succès du chanteur Stromae ; ou encore : "Le changement des statuts, c’est maintenant". Les manifestants, dont beaucoup de femmes et de jeunes, brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit : "Je gère votre hémorragie" ; "Je réanime les nouveau-nés" ; "Sages femmes maltraitées = bébés en danger".

"Nous avons des sages-femmes venues de toute la France, mais aussi des rassemblements en province pour ceux qui n’ont pas pu se déplacer, ainsi qu’à Cayenne, en Guadeloupe et à La Réunion, a expliqué Nicolas Dutriaux, du Collège national des sages-femmes de France (CNSFF). Notre priorité, c’est d’obtenir une plus grande visibilité de notre profession, dont les compétences sont méconnues du grand public mais également de nos tutelles." Les sages-femmes "sont présentes dans 70 % des naissances qu’elles sont capables d’assumer en toute autonomie", selon lui.

La revendication principale des manifestants est d’obtenir le statut de praticien hospitalier pour les sages-femmes de la fonction publique, afin qu’elles intègrent le personnel médical et obtiennent une meilleure rémunération. Elles sont actuellement considérées comme personnel non médical, avec un salaire mensuel net débutant à 1 400 euros. "Nous ne voulons pas remplacer les médecins mais travailler en collaboration avec eux. Eux sont formés pour s’occuper des malades, nous pouvons suivre les femmes en bonne santé", a souligné M. Dutriaux.

A l’issue de la manifestation, une délégation doit être reçue par des conseillers au ministère de la santé, mais les syndicats souhaitent "idéalement rencontrer la ministre ou au moins son cabinet". Mercredi à l’Assemblée nationale, Marisol Touraine, ministre de la santé, a rappelé la programmation d’une rencontre au ministère, le 13 novembre, "pour que la concertation sur la revalorisation de leur métier (…) puisse s’engager". Selon l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), 70 % des 20 000 sages-femmes de France sont en grève illimitée depuis le 16 octobre, mais souvent réquisitionnées par les maternités.

Le 7 Novembre 2013 - Le Monde

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