Fagor-Brandt dépose le bilan

Mercredi 6 novembre 2013, par lohann // SITL/Fagor Brandt

Seul un accord in extremis avec les créanciers aurait permis d’éviter la faillite du fabricant d’électroménager Fagor-Brandt, qui emploie près 1 800 salariés en France dans quatre sites industriels dans le Loir-et-Cher, en Vendée et dans le Loiret.
A l’issue d’un Comité central d’entreprise extraordinaire ce mercredi matin au siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), la direction a annoncé en début d’après-midi que l’entreprise déposait le bilan et demandé une mise en redressement judiciaire.

Le gouvernement espagnol a également précisé que la maison-mère Fagor, en pré-dépôt de bilan depuis le 16 octobre, en ferait de même. Au total, elle emploie 5 700 personnes dans le monde, dont environ 2 000 au Pays basque.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a indiqué ce mercredi avoir écrit à son homologue espagnol José Miguel Soria pour lui proposer de « conjuguer les efforts » pour une reprise de l’ensemble du groupe Fagor. « Nous sommes prêts à conjuguer nos efforts pour soutenir un processus de reprise par la voie financière » de l’ensemble du groupe Fagor, a affirmé le ministre, qui a écrit à José Miguel Soria après s’être entrenu « longuement » avec lui mardi.

Le dépôt de bilan, c’est ce que redoutaient les syndicats du cinquième fabricant européen, qui détient les marques De Dietrich, Brandt. Cette filiale de la puissante coopérative espagnole Mondragon souffre d’une baisse du marché de 37% depuis 2008, avec des pertes récurrentes depuis 2009. Déjà contraint de fermer sa filiale en Pologne, le fabricant souffre d’une dette colossale, de l’ordre de 800 millions d’euros. En France, selon les syndicats, la dette de FagorBrandt s’élève à 250 millions d’euros, dont 142 millions vis-à-vis de prestataires extérieurs et 108 millions auprès de la maison mère.

« Il faut couper les ponts avec l’Espagne »

Si le savoir faire de l’entreprise est reconnu, l’état de ses finances l’empêche de continuer ses activités. Fagor doit trouver rapidement de l’argent frais pour rassurer les fournisseurs, ses réseaux de distribution... Alors que les syndicats estiment que l’entreprise est « viable », les ouvriers français sont au chômage technique depuis le 21 octobre à l’usine de Vendôme (Loir-et-Cher, 221 salariés), où plus de 300 personnes ont manifesté, mardi, pour le maintien des emplois, comme sur les trois autres sites industriels, à La Roche-sur-Yon (Vendée, 339 salariés), Aizenay (Vendée, 106 salariés) et Orléans (Loiret, 523 salariés).

Dans ce contexte, les syndicats ont demandé ensemble « l’aide » de l’Etat. « Il faut couper les ponts avec l’Espagne et se tourner vers l’Etat, c’est la seule solution », avait expliqué Philippe Berger, le délégué CGT. Et de prévenir : « Si l’Etat n’intervient pas, les conséquences seront dramatiques : on préfère brûler l’usine que laisser partir l’outil de travail ».

Les dirigeants reçus ce mercredi par Arnaud Montebourg

A la sortie d’une première réunion, lundi, le gouvernement avait dit attendre les conclusions de CCE. Les dirigeants de l’entreprise devraient être reçus ce mercredi par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. Celui-ci a déjà appelé les parties concernées « à tout faire pour préserver l’outil industriel ». « FagorBrandt, qui dispose de 14% du marché de l’électroménager en France, a un avenir », a-t-il assuré devant l’Assemblée nationale. Et le ministre du redressement productif de réaffirmer, ce mercredi matin, que l’exécutif français veut « sauver le maximum de sites et préserver le plus possible d’emplois ». « Les gouvernements français et espagnol veulent unir leurs efforts pour organiser une reprise des activités », a-t-il ajouté à la sortie du Conseil des ministres.

Dès jeudi, une autre réunion de crise aura lieu à Bercy avec les élus locaux et régionaux qui demandent la réindustrialisation des sites avec l’aide de l’Etat. « Plus le temps passe, plus le fond de commerce de FagorBrandt s’appauvrit. En cas de cessation de paiement, on veut connaître les intentions de notre actionnaire unique », avait prévenu Christian Legay, le délégué CFE-CGC avant d’entrer en réunion du CCE.

Le 6 Novembre 2013 - Le Parisien

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