Les salariés de LKI se mettent en grève

Mercredi 6 novembre 2013, par lohann // LKI

Le tribunal de commerce pourrait prononcer jeudi la liquidation
de LK Industries. Estimant que leur droit à l’information a été bafoué, les salariés exigent un report d’audience et la nomination d’un expert.

Après la manifestation de samedi, les salariés de LK Industries ont décidé de ne rien lâcher. Dès hier matin, ils se sont mis en grève en nombre suffisant pour stopper la production de l’usine. Pour montrer leur détermination, les grévistes ont allumé un brasier qu’ils alimentent avec des pneus et du bois de palette. Pour autant, l’ambiance est très calme dans l’enceinte de l’usine.

Les salariés ont l’impression que la situation leur échappe. Alors que le tribunal ne devait rouvrir le dossier que le 5 décembre, l’audience a été anticipée au 7 novembre, soit jeudi. Pour Ali Gourgane, délégué du personnel Force Ouvrière, le comité d’entreprise a été délibérément pris de court.

Mobilisé avec les salariés, le secrétaire de l’union locale Force Ouvrière Jean-Paul Rozanès explique : « Le comité d’entreprise n’a pas été réuni depuis le 6 septembre alors qu’il aurait dû être réuni au moins une fois par mois, compte tenu des circonstances.
Le mandataire judiciaire a finalement décidé de réunir le CE, mais il le fait jeudi à 11 heures, alors que le tribunal examinera la situation de l’entreprise le même jour à 15 heures. Ce n’est pas admissible. »

Les délégués considèrent que c’est une entrave à la bonne marche du comité d’entreprise. Ils ont écrit à l’inspecteur du travail : « L’information en vue de l’audience du 7 novembre doit avoir lieu avant le 7 novembre et non le jour même.
De plus, le CE se tiendrait sur une durée trop courte et risquerait d’être ajourné. Face à la défaillance de l’employeur, nous demandons que l’inspecteur du travail convoque rapidement le CE avant le 7 novembre. »
Une proposition qui a peu de chance d’aboutir : « Il n’y a plus qu’un inspecteur du travail à Calais, une mutation n’ayant pas été remplacée », signale Jean-Paul Rozanès, « à Calaire, par exemple, c’est l’inspecteur de Saint-Omer qui est intervenu... »
En revanche, l’avocate des salariés Virginie Quenez annonçait dans nos colonnes de dimanche son intention de demander au tribunal un report, pour ces motifs.

Un délai supplémentaire, explique le délégué Ali Gourgane, permettrait au comité d’entreprise de faire nommer un expert : « Tout est organisé pour nous maintenir dans le flou. On veut savoir exactement ce qui se passe dans les comptes. »
Ce matin les représentants du personnel de LK Industrie ont rendez-vous avec le président de Cap Calaisis, Philippe Blet, puis avec le sous-préfet Alain Gérard. « On se bat pour nos emplois, répète Ali Gourgane, ce qu’on veut, c’est que notre usine reparte comme avant avec l’ensemble de son personnel. »

Le 5 Novembre 2013 - Nord Littoral

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