Des salariés de VG Goossens piègent leur imprimerie avec des bouteilles de gaz

Samedi 19 octobre 2013, par lohann // VG Gossens

C’est un nouveau coup d’éclat des salariés de VG Goossens, une entreprise en liquidation judiciaire à Marcq-en-Baroeul dans le Nord. Ils ont installé jeudi trois bouteilles de gaz sur le toit de l’usine pour obtenir un plan social digne de ce nom, tandis que deux salariés sont en grève de la faim depuis six jours.

Les 127 salariés de l’imprimerie VG Goossens sont plus que déterminés que jamais. Six semaines après la liquidation judiciaire de l’entreprise de Marcq-en-Baroeul dans le Nord, ils passent cette fois à la vitesse supérieure.

Certains ont installé jeudi matin trois bouteilles de gaz sur le toit de l’imprimerie, qui fabrique des emballages alimentaires pour de grandes marques, après avoir bloqué toute la journée un coté de la rue avec des troncs d’arbres pour éviter la fermeture de l’usine et le départ pour la Pologne de leur outil de travail.

Un nouveau coup d’éclat des salariés qui multiplient les actions depuis le début du mois de septembre. Ils ont manifesté à plusieurs reprises, notamment devant le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Deux d’entre eux observent depuis six jours une grève de la faim.

« Je suis prêt à sacrifier ma vie pour mes collègues », explique Stéphane Schillers, l’un des grévisites de la faim. « Si je dois mourir sur mon matelas, je mourrai sur mon matelas. Je suis décidé à le faire », martèle ce manutentionnaire de 48 ans, père de dix enfants.

« On ira jusqu’au bout », ajoute Bruno Vansteenkiste, 29 ans de maison, en grève de la faim lui aussi. « Notre patron s’est enrichi sur notre dos, tout çà pour ouvrir des usines en Pologne. C’est nous qui avons fait tous les efforts. On a travaillé le samedi en heures supplémentaires ».

Le tribunal de commerce de Lille a prononcé le 5 septembre 2013 la liquidation judiciaire de l’entreprise alors qu’il y avait un repreneur de dernière minute : un ancien cadre de l’imprimerie, qui n’a pas obtenu le soutien des banques.

Les salariés réclament un plan social digne de ce nom. Ils demandent au groupe belge Van Genechten Packaging, à qui l’imprimerie appartient, d’assumer ses responsabilités en mettant la main au porte-monnaie. Un vide juridique le soustrait aujourd’hui à toute obligation, assurent les syndicats.

Une table ronde est prévue mardi

Les représentants syndicats avaient rendez vous à 16h à la préfecture du Nord à Lille pour préparer une table ronde qui aura lieu mardi avec tous les protagonistes du dossier, au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais.

Le 19 Octobre 2013 - France Bleu

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