Une filiale de la SNCF menace ses salariés en cas de grève

Jeudi 3 octobre 2013, par lohann // Geodis

Geodis a envoyé un courrier à ses employés qui participaient au mouvement de grève engagé en avril dernier. Les menaces de licenciement sont à peine voilées.

Le droit de grève n’est pas une évidence pour Geodis. Pour dissuader ses salariés de participer à toute mobilisation, la filiale de la SNCF dédiée au transport routier de marchandises a envoyé au domicile de ses employés contestataires des lettres évoquant « de lourdes conséquences sur l’emploi », selon Europe 1.

Les courriers étaient destinés au tiers des salariés de Geodis qui se sont engagés dans un mouvement de grève en avril dernier afin de dénoncer « un climat social détestable ». La démarche est d’autant plus rare que les courriers n’étaient pas adressés au seul employé gréviste, mais à toute sa famille, précise la radio. « C’est une façon d’amener la famille dans les problèmes qu’il peut y avoir dans une entreprise, mais aussi de mettre la pression. Cette lettre n’est pas anodine, tout est calculé pour que la personne qui la reçoit en prenne plein la tête », avance Nicolas, salarié de Geodis qui a reçu la dite missive.

Outre cette implication de l’ensemble de la famille, l’entreprise évoque, dans ces lettres, de possibles licenciements. Les menaces sont en effet à peine voilées : la direction explique aux salariés que suite au mouvement de grève, il pourrait y avoir « de plus lourdes conséquences » sur leur emploi dans la mesure où l’entreprise est en négociation commerciale avec deux clients majeurs. « Toute insatisfaction de ces clients aura évidemment un impact négatif sur la poursuite de nos liens contractuels », ajoute le courrier. En clair, un impact négatif sur la poursuite des contrats et donc un licenciement, souligne Europe 1.

« Il s’agit très clairement d’une atteinte au droit de grève », confie Fabian Tosolini, représentant de la CFDT Transport, à Europe 1. « C’est choquant. On a des salariés qui se retrouvent avec un courrier envoyé à madame et monsieur, envoyé au sein du cocon familial », souligne-t-il. « C’est inacceptable. C’est une pression déguisée mais une pression qui a été vécue par les salariés comme telle », ajoute le syndicaliste.

Le syndicat entend demander des explications à Geodis. En cas d’absence de retour, la CFDT prévient qu’elle se tournera vers la maison mère, la SNCF.

Le 3 Octobre 2013 - Le Figaro

Voir aussi :

Grève contre le plan social chez Geodis

Grève chez le transporteur Géodis - Nantes

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