Les usines de PSA Peugeot Citroën débayent à l’appel de la CGT et de la CFDT

Jeudi 3 octobre 2013, par lohann // PSA

Des débrayages ont affecté les usines PSA ce jeudi, à l’appel de la CGT et de la CFDT, inquiètes des niveaux de production prévus par la direction, a-t-on appris de sources syndicales. Ces actions suivent l’annonce, fin septembre, d’un engagement de la direction d’augmenter la production en France, mais de façon très modérée, et d’y maintenir ses usines d’ici à 2016, en contrepartie d’une modération salariale et de plus de flexibilité, dans le cadre de la négociation d’un "nouveau contrat social".

Rennes touché en premier lieu

A l’usine de Rennes La Janais, environ 650 personnes ont débrayé à la mi-journée, selon la CGT et la CFDT, 320 selon la direction. 180 salariés ont également débrayé dans l’après-midi, a précisé la direction. La chaîne de production des 508 et C5 de gamme moyenne supérieure a été paralysée. La direction envisage de 100.000 à 150.000 unités par an, ce qui est totalement insuffisant pour garantir du travail à tous les salariés.

Malgré le plan de départ de 1.400 personnes déjà prévu. La direction a annoncé la fabrication d’un nouveau véhicule en 2017, mais pas avant. Le site a produit 129.600 unités à peine l’an dernier.... contre plus de 360.000 au milieu des années 2000, pour un potentiel installé qui se montait alors à 400.000 !

L’usine en est déjà "à 70 jours de chômage partiel depuis le début de l’année, plus quatre semaines de fermeture lors des congés d’été", selon la direction. La production est encore "suspendue cette semaine". Et, "en octobre, la fabrication sera arrêtée tous les lundis et les vendredis".

A Sochaux, un appel de la CFDT et de la CGT à débrayer pendant une heure trente dans la matinée a été suivi par 350 salariés, selon la CGT, par 325 selon la direction qui précise que la production a été seulement ralentie. Un autre débrayage était prévu en fin d’après-midi. A Mulhouse, 120 salariés ont cessé le travail à l’appel de la CGT, selon le syndicat, et 95 selon la direction.

A Valenciennes aussi

A Valenciennes, où seule la CGT appelait à débrayer à la mi-journée, le mouvement de protestation devait être suivi par une centaine de salariés sur 2.200, selon Cédric Brun, représentant CGT de l’usine produisant des boîtes de vitesse. "Les salariés refusent que les syndicats signent un accord avec lequel ils seraient complètement perdants", a-t-il déclaré. "Aujourd’hui, la direction de Peugeot veut imposer un gel des salaires jusqu’en 2016 avec un nombre de restrictions, notamment l’overtime (allongement de 10 à 20 minutes de la journée de travail), le chômage par rotation, les mutations forcées, et tout cela sans contrepartie sur l’emploi". Les salariés, inquiets de perdre un projet de boîtes de vitesse nouvelle génération, réclament "des annonces écrites en échange de tout sacrifice", a précisé le syndicaliste.

A Metz, 120 à 200 salariés ont débrayé pendant deux heures à la mi-journée, selon la direction et les syndicats.

Le groupe automobile en crise a annoncé le 25 septembre dernier qu’il prévoyait de fabriquer environ 930.000 unités dans ses sites français cette année. Au-delà de l’effet d’annonce, cet engagement n’a rien d’extraordinaire en soi.

Forte baisse des volumes

2013 représentera en effet une... forte baisse par rapport au 1,11 million de véhicules fabriqués l’an dernier en France, selon les chiffres officiels du CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles). Ces volumes étaient déjà eux-mêmes en recul de 16% en 2012 par rapport... à 2011.

La production escomptée en 2013 représente exactement la moitié des niveaux de 2005 (1,88 million). En 2016, la production espérée serait de environ "un million de véhicules", affirme un communiqué de PSA. Ce qui serait encore moins que les piètres niveaux de 2012 ! Bref, pas de quoi pavoiser !

Le 3 Octobre 2013 - Le Figaro -
La Tribune

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