Continental fait appel de l’invalidation des prud’hommes

Mardi 24 septembre 2013, par lohann // Continental

La direction de Continental a confirmé mardi qu’elle ferait appel de l’invalidation par les prud’hommes du motif économique des licenciements de près de 700 salariés de l’usine de Clairoix (Oise), dans le nord de la France.

"Après examen détaillé de l’ensemble des dossiers individuels concernant les anciens salariés de Clairoix, Continental a décidé de faire appel des décisions rendues le 30 août par le conseil des prud’hommes de Compiègne", a déclaré dans un communiqué François Gérard, président de Continental France. "Nous avons bien conscience que cette décision va être difficile pour les anciens salariés de Clairoix, mais nous ne pouvons accepter les décisions du conseil des prud’hommes au vu de leurs motivations qui sont juridiquement plus que contestables", note le dirigeant.

Le conseil des prud’hommes de Compiègne a invalidé le 30 août le motif économique des licenciements de près de 700 anciens salariés de l’usine Continental de Clairoix, ouvrant par conséquent la voie à des indemnisations.

200 000 euros par salarié

"La Cour de cassation reconnaît que la réorganisation de l’entreprise constitue un motif économique de licenciement valable, lorsqu’elle vise à anticiper des difficultés économiques à venir mais non encore avérées à la date des licenciements", affirme dans le même communiqué Me Patrick Thiébart, avocat de Continental France, pour justifier l’appel du groupe.

"Continental France a consacré 200 000 euros par salarié de Clairoix et mis en oeuvre des moyens exceptionnels pour favoriser leur reclassement", affirme par ailleurs la société qui conteste les niveaux d’indemnités "exceptionnels" octroyés par le conseil des prud’hommes, "que l’on ne voit, habituellement, que dans des cas où le plan de sauvegarde de l’emploi est clairement déficient". Enfin, Continental s’interroge sur le montant des dommages et intérêts, déconnecté selon le groupe "de la situation actuelle des salariés" et "identiques, que le salarié soit au chômage ou qu’il ait retrouvé un emploi grâce aux efforts de Continental".

L’équipementier avait fini par fermer son usine de Clairoix début 2010, après un conflit social au printemps 2009, durant lequel la sous-préfecture de Compiègne avait notamment été saccagée par des salariés en colère. Le groupe a toujours affirmé que la fermeture de l’usine de Clairoix était inéluctable, invoquant la crise qui a frappé dès 2008 la filière automobile et une surcapacité de production de millions de pneus.

Le 24 Septembre 2013 - Le Point

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