Tourcoing : une centaine de salariés ont débrayé chez Macopharma

Jeudi 4 juillet 2013, par lohann // Macopharma

Chez Macopharma à Tourcoing, le bras de fer entre salariés et direction continue. Début mars, 67 suppressions de postes étaient annoncées. Il y en aura finalement 57. Le 20 juin, une grève de l’encadrement de l’atelier assemblage avait contraint la production de l’entreprise pharmaceutique à l’arrêt. Hier midi, une centaine de salariés de l’entreprise pharmaceutique tourquennoise ont débrayé durant une heure.

Ils veulent obtenir de meilleures conditions de départ pour 57 des 1370 salariés du groupe, qui compte deux autres sites, à Mouvaux et Neuville-en-Ferrain. En plus des indemnités légales, l’intersyndicale (UNSA, FO, CDFT) réclame 15 000 euros de prime, ainsi qu’une hausse de la durée du congé professionnel de reclassement. « On veut que les gens partent dans la dignité », explique Nadia Denfer, déléguée syndicale UNSA. « Ce qui est sûr, c’est qu’on ne lâchera pas pour obtenir un plan social qui corresponde à nos attentes », assure Fabrice Letombe, délégué CFDT , syndicat majoritaire. Il a de l’espoir : « De futurs partenaires américains viennent lundi. Il y a un enjeu économique qui peut nous permettre de faire pression ».

Le premier plan social en trente ans

Ce plan social est le premier depuis la création de l’entreprise, il y a trente ans. Pour Fabrice Letombe, l’heure est aux incertitudes . « Notre direction et notre stratégie industrielle changent souvent. A un moment, il faut dire stop pour avoir une sérénité pour les prochaines années. Il y a des perspectives économiques mais cela peut supprimer beaucoup d’emplois. On a une usine en Pologne, où quelques machines sont déjà parties. On automatise de plus en plus, et on transfère de l’assemblage et de la production en Tunisie, ce qui aura un impact sur les postes dans les trois ans à venir. Eux disent que ce sera surtout des suppressions de CDD et du turn over. On n’est pas d’accord avec ça. Les conditions de travail risquent d’être pénibles. » Réuni le 28 juin, le CE n’a pas donné d’avis et envisage « d’assigner la direction en justice », au motif de « l’absence de clarté complète sur les motifs de licenciements ».

Au moment de l’annonce du plan social, la direction a invoqué des raisons économiques, dans un contexte de forte concurrence. Hier après-midi, une nouvelle réunion de négociations a tourné court. « Ils se sont foutus de nous, commente Fabrice Letombe. Ils n’ont pas bougé, en dehors de rajouter 200 euros, ce qui est ridicule ! » Il promet une mobilisation « plus virulente », avec des débrayages : « Mais le dialogue est ouvert, on attend un retour de leur part ».

De son côté, la direction détaille les avancées proposées, qu’elle juge « significatives ». « Malheureusement, on est toujours dans une situation de blocage, regrette Véronique Lutun, responsable de la communication. On aimerait avoir un dialogue social plus constructif. »

Le 4 Juillet 2013 - Nordeclair

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