Honeywell : et maintenant la contestation des licenciements

Jeudi 4 juillet 2013, par lohann // Honeywell

Si le Collectif des ex-Honeywell Condé (14) prend acte de l’arrêt de toute production, en raison d’une délocalisation boursière, il s’oppose aux suppressions d’emploi qui découlent d’une telle stratégie.

Le vendredi 28 juin, jour de fermeture définitive, les grilles sont restées closes. Accès interdit. Aucun rassemblement public n’a été annoncé. Le site est mort, sans un dernier convoi funèbre. Le deuil se porte discrètement, à l’ombre des lettres de licenciement à venir.
Un nouvel angle d’attaque

Mais, si l’usine a vécu, « admettre la réalité de cette fermeture ne signifie en aucun cas en accepter les raisons ! ». Le Collectif des ex-Honeywell Condé entend désormais contester la conséquence de la stratégie boursière d’Honeywell, même si tout a été entériné officiellement le 13 juillet 2012, « à travers la signature d’un accord PSE avec un comité d’entreprise qui a visiblement confondu « plan de sauvegarde de l’emploi » et « plan de suppression de l’emploi », prime de licenciement et gain au Loto, allant jusqu’à renoncer à toutes démarches juridiques ».

Le Collectif des ex-Honeywell de Condé portera donc la contestation sur les licenciements, « en les faisant juger comme abusifs ou encore sans causes réelles et sérieuses ». Un nouvel angle d’attaque, alors que le lourd dossier de l’amiante concentrait jusqu’à présent l’essentiel des recours auprès des tribunaux.

« Génocide social »

Le Collectif rappelle que le groupe a décidé de délocaliser sa division « matériau de friction » dans un pays low-cost, la Roumanie. Une stratégie où « cette multinationale américaine a, consciencieusement et méthodiquement, dégradé volontairement les résultats financiers et économiques de l’unité de Condé-sur-Noireau ». Si cette logique se poursuit en Europe de l’ouest, « le temps est désormais compté » pour les sites de Glinde (Allemagne) et Barcelone (Espagne).

Transfert des bénéfices, frais fortement augmentés et investissements stoppés, voilà comment « justifier, artificiellement, la nécessité de fermeture ». Aussi, pour le Collectif, « le groupe Honeywell vient de provoquer, en répondant positivement à des actionnaires insatiables et avides de gagner toujours plus, un véritable génocide social et économique dans la région de Condé-sur-Noireau ».

Il faudra maintenant démontrer qu’Honeywell a abusivement traité son unité condéenne et ses personnels, avec 323 emplois supprimés. Un combat juridique compliqué quand tout a fermé.

Le 4 Juillet 2013 - Ouest France

Le Collectif des Ex-honeywell Condé

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