Les salariés du Virgin Megastore occuperont les lieux jusqu’à un nouveau plan social

Mercredi 12 juin 2013, par lohann // Virgin Megastore

Depuis mardi soir, les salariés du Virgin Megastore des Champs-Élysées ont décidé d’occuper les lieux 24h/24 afin de faire entendre leurs revendications, qui se concentrent surtout sur l’amélioration du plan social qu’ils considèrent comme irrespectueux de la part de la direction.

C’est un combat, une dernière bataille que livrent les salariés du Virgin Megastore. « On reste là jusqu’à ce qu’on nous propose un plan social décent », explique Ronald, un des salariés. Pourtant, l’ambiance des rayons n’invite pas vraiment à la convivialité, car ce sont avec les étagères vidées et saccagées après la grande braderie, les caisses désertes et les rideaux de fer baissés, que les employés ont décidé d’occuper la boutique des Champs-Élysées. Partout des écriteaux qui illustrent le ras-le-bol des salariés : « Maître Lévy, pas de plan social au rabais ! Si Lagardère ne vient pas à nous, nous irons à Lagardère », est-il écrit. Et certains, comme Ronald, sont d’ailleurs bien décidés à rester : « On est arrivé hier, et cette nuit nous étions six à dormir, déclare-t-il, dans la journée, nous sommes environ une trentaine et nous partirons lorsque nous aurons obtenu gain de cause ».

Et les revendications de ces manifestants-campeurs sont claires, « aujourd’hui, le plan social de Virgin est de 8 millions d’euros, explique Ronald. Il faudrait que la somme soit doublée pour pouvoir partir décemment ». Car les 1000 employés n’attendent qu’une chose, que la société leur finance des formations pour pouvoir se réinsérer rapidement dans le monde du travail. « Certains ont plus de vingt-cinq années d’ancienneté et sont là depuis l’ouverture en 1988. Il n’y a pas d’avenir dans le métier de disquaire ou de libraire. Le minimum, ce serait de nous proposer des solutions convenables pour l’avenir », explique Ronald.

Pour essayer d’apaiser les craintes, Pôle emploi vient régulièrement proposer des ateliers. Mais pour Thomas, qui y a déjà participé, ce n’est qu’une façade. « Virgin nous dit que l’on aura accès à des formations, mais lorsque Pôle emploi nous parle, ce n’est pas possible. On espère donc que ce sera la société qui nous les financera », explique-t-il. Cet argent, les salariés veulent que ce soit la « Braderie de la honte » qui le fournisse. Elle avait d’ailleurs rapporté près de 7 à 8 millions d’euros. « Au début, on nous avait dit que cet argent serait pour nous, mais au final, il a été utilisé pour rembourser les créanciers », explique Ronald.

Pour les salariés, ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, « durant cette journée, on s’est senti insulté. Il n’y a aucun respect de la part de direction », ajoute-t-il. Et comme une provocation supplémentaire, la direction de Virgin Megastore a annoncé mercredi, en milieu d’après-midi, la fermeture de ses 26 magasins « pour des raisons de sécurité ».

Le 12 juin 2013 - Le Figaro

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