Plan social chez M-Real à Alizay (Eure)

Samedi 23 janvier 2010, par cclpv // M-Real

Le site emploie plus de quatre cents personnes. L’usine d’Alizay va stopper la production de pâte à papier. Une centaine d’emplois vont être supprimés.

Cela faisait des mois et des mois que cela couvait. Les mesures de chômage partiel avaient vivement inquiété les salariés et les syndicats de l’usine M-Real, à Alizay, qui emploie 415 personnes. Ces derniers se sont battus comme des lions pour tenter de préserver les emplois. Ils avaient fait des propositions à la direction et défendu l’idée de créer une station de désencrage pour sauver l’unité de pâte à papier. Ils avaient étendu leur action avec les salariés et les élus du secteur en constituant, mi-novembre, un collectif pour l’emploi chez M-Real.

Mais rien n’y a fait. Le couperet est tombé quelques jours avant Noël, le 16 décembre, à l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire. La direction a annoncé la fermeture de l’unité pâte à papier induisant la suppression de 106 postes et la non-reconduction de cinq contrats à durée déterminée.
Au-delà des emplois sur le site, c’est aussi toute la filière forestière qui est ébranlée.

Le matin même du CE extraordinaire, près de deux cents salariés, rejoints par des élus, avaient opéré un barrage filtrant sur la RN 15 au niveau du rond-point et distribué quelque 4 000 tracts aux usagers de la route.
Représentants du personnel et élus avaient aussi rencontré le président de Région, Alain Le Vern, qui leur a promis d’organiser une table ronde avec la direction, les salariés, les représentants de l’Etat et le commissaire à la réindustrialisation.

Un délégué syndical au tribunal

« Nous attendons toujours de rencontrer la préfète », indiquait, mercredi dernier, Thierry Philippot, représentant CGT. La tension est toujours aussi palpable et monte même d’un cran. La direction a assigné le secrétaire du Comité d’hygiène, de la sécurité et des conditions de travail (CHSCT), un élu de la CGT, au tribunal de grande instance d’Evreux, parce qu’il a refusé de signer l’ordre du jour de la prochaine réunion du CHSCT programmée le mercredi 6 janvier. L’audience était prévue mercredi dernier.

« Il voulait attendre que la réunion du CE, fixée le même jour, se soit déroulée avant de signer », explique Thierry Philippot. Dans le cadre de la mise en place du PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), une réunion est en effet prévue mercredi.

D. L.

Publié le 5 janvier 2010 sur paris-normandie.fr

- A lire aussi : une centaine de salariés de la papeterie M-Real s’invitent à une réunion de l’UMP, jeudi 21 janvier à Bois-Guillaume, où était présent Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et tête de liste en Haute-Normandie. (L’Humanité)

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