Carcassonne : les salariés de Pilpa "refusent d’être sacrifiés sur l’autel de la finance"

Vendredi 5 avril 2013, par cclpv // Pilpa

A pied. Voilà comment Lionel Rolland, PDG de Pilpa et de R & R France, est reparti de l’usine de crèmes glacées, hier, à 12 h 30. Sa voiture de location, elle, est restée sur le parking. Car devant les grilles, les salariés avaient dressé une barricade de palettes à laquelle ils avaient mis le feu : "Nous ne séquestrons personne mais nous empêchons les véhicules de sortir, c’est tout", confiait l’un d’entre eux.

"On a vidé notre sac"

L’heure est donc au durcissement des positions dans ce conflit social qui dure maintenant depuis le mois de juillet 2012. Les nerfs sont à vif. Voilà pourquoi la salle du comité d’entreprise où était présenté le second plan de sauvegarde de l’emploi a été envahie.

Pour que la direction sache qu’en dehors des circuits de la représentation syndicale, l’exaspération est à son comble. Que la colère sourde est en train de monter : "On a vidé notre sac", lâchait ainsi un salarié après la lecture d’un texte lors de la réunion.

"Nous, dans le Sud, nous sommes fiers et travailleurs"

Un texte sans ambiguïté : "D’un revers de manche, vous balayez ce que les femmes et hommes de Carcassonne ont mis 40 ans pour créer et développer notre usine de crèmes glacées. Vous, en seulement neuf mois, vous voulez la rayer de la carte de France ! De quel droit pouvez-vous faire une chose pareille ?"

Le discours a ainsi duré sur un ton marqué de détermination et d’indignation : "Nous, dans le Sud, nous sommes fiers et travailleurs et sachez que ce que nous avons créé nous appartient et nous le garderons. Nous refusons d’être sacrifiés sur l’autel de la finance. Vous avez autour de vous des gens en souffrance qui risquent de perdre leurs emplois, leurs maisons, leurs biens et leur équilibre familial. Y a-t-il donc si peu de cœur dans les hautes sphères de R & R ?"

"Plan de sabotage de l’emploi"

Du côté du plan de sauvegarde de l’emploi, nommé “plan de sabotage de l’emploi” par Rachid Aït-Ouakli, délégué CGT, la direction a repris, à peu de chose près, les propositions de reclassement faites en fin d’année. A savoir : 80 postes en France et 24 à l’étranger.

"On ne voit pas ce qui a changé depuis la dernière fois", pestait Christophe Barbier, secrétaire du comité d’entreprise. En assemblée générale, les salariés ont réaffirmé leur souhait de constituer une Scop et attendent des politiques qu’une procédure de préemption des terrains soit conduite. Un rendez-vous est prévu aujourd’hui avec Jean-Claude Perez...

Les Pilpa organisent une soirée de solidarité le 6 avril, au Chapeau Rouge à Carcassonne.

Le Midi Libre - 5 avril 2013

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