Les salariés de PSA Aulnay ont quitté le siège de l’UIMM

Vendredi 8 mars 2013, par lohann // PSA

La centaine de salariés de PSA Aulnay qui occupait depuis vendredi matin les locaux de l’UIMM, le patronat de la métallurgie, à Paris, pour protester contre la fermeture programmée de leur usine, a été délogée dans l’après-midi par les forces de l’ordre, selon la CGT.

L’évacuation s’est déroulée « dans la dignité et la fierté. Nous sommes sortis, solidaires, encadrés par les forces de l’ordre », a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Mercier, délégué CGT d’Aulnay-sous-Bois, usine de Seine-Saint-Denis qui doit fermer en 2014. 170 salariés ont pénétré vendredi matin, sans effraction, dans les locaux de l’UIMM dans l’ouest parisien avec l’intention de n’en sortir qu’une fois leurs revendications entendues, à savoir « un CDI pour tous et une pré-retraite à 55 ans ».

Les manifestants voulaient protester « contre les licenciements, contre le refus de PSA de négocier et contre le refus du gouvernement de nommer un médiateur », avait expliqué Jean-Pierre Mercier. Les ouvriers de PSA-Aulnay, en grève depuis huit semaines, multiplient les actions spectaculaires pour protester contre la fermeture de l’usine qui emploie directement 2 800 personnes.

Mercredi, une partie d’entre eux, avec à leur tête Jean-Pierre Mercier, s’étaient invités au ministère du Travail pour réclamer la nomination d’un médiateur, récusant ainsi le rôle de conciliateur joué par Marc Leray, directeur départemental du travail de Seine-Saint-Denis. Deux jours plus tard, c’est munis d’une banderole proclamant « Non à la fermeture de PSA Aulnay » que les manifestants, répondant à l’appel de la CGT, SUD et la CFDT d’Aulnay, sont arrivés au siège de l’UIMM. Ils l’ont placardée à l’entrée du bâtiment.

« On est des ouvriers, pas des casseurs, les casseurs c’est les patrons », scandaient-ils dans le hall flambant neuf du siège du patronat de la métallurgie, présidé par Frédéric Saint-Geours, qui est aussi le numéro 3 de PSA. « Que des organisations syndicales aient validé l’accord sur (le plan de sauvegarde de l’emploi à) Aulnay qui est rejeté par la base ne rend pas cet accord meilleur aux yeux des salariés qui vont être au chômage », a déclaré Mercier.

« Les patrons et le gouvernement doivent prendre au sérieux la situation d’Aulnay. Nous sommes déterminés. Nous voulons la garantie de l’emploi », a expliqué un salarié de l’usine, Mohammed Diyer. La direction de PSA indique que plusieurs centaines de salariés d’Aulnay pourront être transférés à l’usine de Poissy (Yvelines), mais « est-ce que ce poste sera équivalent au mien actuellement et est-ce qu’il sera garanti ? », s’interroge Fadma Abraim, moniteur à la chaîne de montage.

L’usine d’Aulnay-sous-Bois, vouée à la fermeture l’année prochaine dans le cadre d’un vaste plan de restructuration annoncé en juillet 2012, est paralysée depuis le 16 janvier par une grève à l’appel de la CGT à laquelle se sont joints la CFDT du site et le syndicat SUD d’Aulnay.

Le 8 Mars 2013 - Libération

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