Citroën Aulnay : PSA joue le pourrissement

Dimanche 3 mars 2013, par thomas // PSA

Il y a quarante-cinq jours maintenant que, ce vendredi 1er mars, la grève à Citroën Aulnay a commencé. Cette fin de semaine pourrait bien marquer un tournant sinon du côté des grévistes, toujours déterminés, du moins du côté de PSA.



Les négociations reprises sous l’égide d’un médiateur représentant de l’Etat, mais quasiment invisible et sans aucun poids, sont au point mort. Aucun autre rendez-vous n’a été convenu avec la direction qui n’a pas bougé d’un pouce sur les revendications. Exit donc cette nouvelle phase de négociations.



Par ailleurs les mutations d’Aulnay à Poissy sont effectives. Non dans le cadre du PSE qui ne sera sans doute pas signé avant quelques semaines par les syndicats liés à la direction, mais dans celui des mutations individuelles. Quelques dizaines d’ouvriers d’Aulnay, en particulier des professionnels, ayant signé un avenant à leur contrat et pour cinq semaines ont commencé à travailler à Poissy. PSA les transportant chaque jour en car d’Aulnay sur ce dernier site à une heure et demi de l’usine du 93.



Les « pots de fleurs » et autres « gilets jaunes », comme les grévistes surnomment la centaine de cadres, au moins, sont toujours là, sous le prétexte de séparer les non grévistes des grévistes (simplement un peu plus discrets à certaines occasions comme la venue de Thierry Le Paon, le futur secrétaire général de la CGT) mais la production est toujours au point zéro.



De plus en fin de semaine une dizaine de camions ont été amenés à l’usine, dans le but sans doute d’enlever les pièces en stock, faites avant la grève et qui pourraient servir à la production des C3 transférées à Poissy.



Bref la direction aurait décidé de laisser pourrir le mouvement à Citroën Aulnay, d’abandonner l’usine et de renoncer à y relancer une production (rappelons que la fermeture totale n’était prévue qu’en début 2014) elle ne s’y prendrait pas autrement. Cette menace de fermeture anticipée a d’ailleurs été brandie, il y a quelques temps déjà, par Denis Martin lui-même, le directeur général des usines Peugeot en France. Peugeot serait-il en train de la mettre en pratique ?



Une situation qui demanderait alors aux grévistes de redoubler d’efforts pour ne pas se laisser enfermer dans une usine abandonnée par son patron et s’adresser à l’extérieur, aux autres boîtes qui ont fermé ou doivent le faire, aux autres travailleurs menacés ou licenciés, mais aussi à ceux à qui le patronat entend bien imposer gel des salaires ou conditions de vie et de travail aggravées (c’est-à-dire presque tous les salariés public et privé, de France et de Navarre).



Ce n’est pas cette perspective que Le Paon a développé vendredi devant les grévistes d’Aulnay avec un discours où il semblait plus préoccupé du sort de l’industrie l’automobile que de l’avenir des salariés. A ceux-ci donc de prendre eux-mêmes leur avenir et leur sort en mains.



Aulnay-sous-Bois samedi 2 mars 2013

Le collectif contre les patrons voyous et licencieurs

Répondre à cet article