Citroën Aulnay : des débrayages dans d’autres sites du groupe PSA

Mardi 19 février 2013, par thomas // PSA

Ce lundi 18 février une trentaine de grévistes ont rejoint les rangs des non grévistes. Nous sommes en effet au 27e jour de grève. D’un autre côté, comme déjà certains l’avaient fait le jeudi précèdent, des non grévistes ont rejoint l’AG des grévistes : d’une part l’inquiétude est là chez les non grévistes devant la minceur de ce que contient le PSE proposé par la direction, en particulier pour ceux à qui elle a promis une mutation dans une autre usine du groupe (5 000 € net alors que les frais de transport ou de déménagement, sans compter le bouleversement de la vie de toute la famille, seraient de taille) ; de l’autre la coupure entre grévistes et non grévistes s’atténue sans doute devant l’intransigeance de la direction (et grâce à l’attitude de grévistes qui tentent de renouer le dialogue).



En tout cas la direction n’a pas relancé la production. Et plus d’une centaine de grévistes ont organisé une collecte au péage de Senlis où ils ont récolté plus de 5 000 €. Un résultat apprécié par ceux qui voient approcher la perspective d’avoir leur prochain salaire réduit à zéro, et surtout peut-être la démonstration que la grève est populaire, malgré la campagne de dénigrement de PSA et du gouvernement.



Sur les six menacés de licenciement, 2 ont été effectivement licenciés, le dossier des 4 autres, bénéficiant de la protection due aux délégués, après l’avis défavorable du CE, est maintenant dans les mains de l’inspection du travail. Le tout va être soumis en référé au tribunal de Versailles. Mais cela n’empêche pas la direction de continuer à tenter de distribuer des sanctions : on en est à 6 autres travailleurs convoqués à l’entretien préalable et menacés, sinon de licenciement, du moins de jours de mise à pied. Sans doute en vue d’utiliser ces sanctions pour les négocier contre la fin de la grève lors de l’entrevue qu’elle a demain avec les syndicats en présence du médiateur nommé par le gouvernement. Piège classique, pour amener l’abandon des revendications, mais que les grévistes n’ont pas l’intention d’accepter.



De bonnes nouvelles quand même : grève à l’emboutissage de Poissy par des salariés refusant leur... mutation dans un autre atelier, le leur n’ayant plus assez de travail (rappelons que c’est à Poissy que PSA propose à des centaines de Citroên d’être mutés ; on comprend l’inquiétude des non grévistes... sur la solidité des promesses qui leur sont faites) ; grève aussi au stockage de Lear, sous-traitant qui fournit les sièges à PSA Poissy, où depuis samedi les voitures fabriquées... sortent sans siège ; et enfin débrayages du ferrage à Sevelnord , l’usine PSA qui il y a un an s’est vu imposer un accord compétitivité-emploi. C’est contre celui-ci que se produisent ces premiers débrayages. Les grévistes Citroën Aulnay sont peut-être moins seuls et une convergence des luttes moins loin qu’il n’y paraît.



Aulnay-sous-bois, lundi 18 février 2013

Le collectif contre les patrons voyous et licencieurs


NB : rappelons que les soutiens financiers, résultats de collectes ou autres sont à envoyer
au nom de l’association : Soutien aux salariés de l’automobile du 93
19-21 rue Jacques Duclos, 93600 Aulnay-sous-bois

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