Citroën : le CE refuse le licenciement de deux délégués CGT

Jeudi 14 février 2013, par thomas // PSA

Ce jeudi 14 février l’AG et le nombre de grévistes se sont un peu renforcés. Deux raisons au moins à cela : d’abord le CE était consulté sur les licenciements demandés pour deux délégués CGT ; ensuite, à la suite des dernières négociations sur le PSE, mardi dernier, il semble qu’un certain nombre de non grévistes ou d’ex-grévistes aient pris conscience que les syndicats qui ne sont pas dans la grève, dont le SIA, étaient prêts à signer... alors que leurs propres revendications ne figurent pas dans le projet d’accord. La déléguée du SIA a donc été fraîchement accueillie quand elle a fait le tour des non grévistes et une bonne vingtaine d’entre eux (plus trois dizaines d’intérimaires qui n’étaient plus venus ces derniers jours) ont ainsi rejoint l’AG. Dans ces conditions les chaînes, qui ne tournent plus du tout depuis deux ou trois jours, n’allaient évidemment pas repartir. Et c’est à plus de deux cents que les Citroën se sont dirigés vers l’Elysée pour y demander des nouvelles du médiateur que le gouvernement avait promis de nommer.



Nul ne s’étonnera d’apprendre que les 200 sont restés entourés de flics à des centaines de mètres de l’entrée du Palais présidentiel, seule une délégation d’une dizaine étant admise à rencontrer un conseiller. Le médiateur est bien nommé, un directeur régional du travail, mais reste... à le faire admettre par PSA. Un médiateur ne peut en effet « médiater » qu’à condition d’avoir les deux parties à la même table et discutant de la même chose.



Par ailleurs la direction continue à inciter les salariés volontaires pour un départ dans une autre usine PSA à se faire connaître et à consulter les conditions dans lesquelles ils pourraient y être accueillis. De ce côté la confiance n’est pas totale. Les mensonges de PSA sont en effet notoires, comme à propos de l’usine de Poissy où il était question à un moment d’envoyer 1000 ou 1500 salariés de Citroën alors qu’il ne peut y avoir de places que pour quelques centaines, même avec la nouvelle équipe de nuit récemment reformée. De toute façon le transfert même à titre individuel, ne pourra se faire avant fin avril. Encore de quoi faire réfléchir ceux qui jusqu’ici se sont tenus à l’écart de la grève.



Dernière nouvelle : le CE a refusé le licenciement demandé, la majorité des syndicalistes pro-patronaux n’osant faire autrement que de s’abstenir. Inutile de rappeler cependant que le CE n’a à émettre qu’un « avis ». La procédure continue donc et le dossier des deux délégués est maintenant dans les mains de l’inspecteur du travail alors que deux autres délégués comparaissent à nouveau devant le CE la semaine prochaine.


Aulnay-sous-bois le 14 février 2013

Le collectif contre les patrons voyous et licencieurs

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