Electrolux : six pistes à l’étude pour éviter 419 licenciements

Mardi 12 février 2013, par lohann // Electrolux

REVIN (Ardennes). À un mois de l’échéance du 11 mars, date à laquelle Electrolux donnera sa décision sur les pistes explorées par le groupe de travail revinois, deux syndicats expriment leurs doutes quant à l’issue finale.

Les dirigeants d’Electrolux, sept membres de l’intersyndicale CGT, CGC-FE et CFDT de l’usine de Revin, Jean Fairy, expert nommé par cette intersyndicale, les membres du cabinet Syndex, trois élus locaux (*) et des techniciens du Département et de la Région ont pris part, hier après-midi à Bercy, à la seconde réunion de travail sur le projet alternatif.

Soit la seule option susceptible de faire reculer le géant suédois qui, le 19 octobre 2012, a décidé de fermer Ardam pour délocaliser, en 2014, la production de lave-linge à Olawa en Pologne. Afin d’éviter le licenciement économique des 419 salariés de l’unité revinoise, un groupe de travail (re)baptisé Niver planche donc depuis plusieurs semaines sur un projet alternatif à mettre en place parallèlement au maintien intra muros de la « Top ».

Le fruit de ce travail - sept pistes internes - a donc été présenté, hier, à l’avis et à la réflexion des cadres européens d’Electrolux (Ernesto Ferrario, Philippe Van der Planken, Alessandro Campestri et Michèle Marchesan). Un des dossiers sur lesquels travaillait le groupe, celui de la lavante-séchante, a été définitivement écarté en raison de sa non rentabilité.

Les six autres restent à l’ordre du jour et vont encore être peaufinés lors de réunions prévues aujourd’hui à Paris, mais aussi les 18, 19 février et 1er mars à Bruxelles. Il a été établi que la copie définitive sera probablement présentée le 6 mars dans la capitale belge.

Ces six études, étroitement liées au marché de l’électroménager, concernent des produits innovants ou déjà existants mais insuffisamment exploités. À savoir : la hotte aspirante, un petit lave-vaisselle haut de gamme, les chauffe-eau, le lave-linge à grosse capacité, le procédé de cuisson sous vide ou encore la « front Top ».

En tout état de cause et comme prévu initialement, c’est bien le 11 mars que le « board » d’Electrolux validera ou non le projet, toujours synonyme d’espoir pour les salariés d’Ardam. Hier, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de voir le géant de l’électroménager trouver une solution sur le site revinois. Soit par une solution interne, soit par une solution combinée.

Au terme des deux heures de débats, Marie-Agnès Llovera, directrice du site revinois, estimait que les discussions s’étaient « globalement bien passées ». Les représentants syndicaux ne faisaient pas du tout la même analyse.

Didier Muszalski (CGC-FE) se disait « dubitatif et très circonspect ». Explications à la clé : « Nous ne sommes pas rassurés par les propos de M. Ferrario qui a trop insisté sur le différentiel de coût existant entre une machine fabriquée à Revin et celle conçue à Olawa. Il continue de prétendre qu’il y a 50 euros d’écart entre les deux, mais sans nous permettre de vérifier ces données. »

« On nous a même fait comprendre que la « Top » n’avait pas d’avenir à long terme à Revin,alors qu’ils savent pertinemment que notre projet alternatif est créé pour combler l’érosion de production de la machine à laver à chargement par le dessus », déplore Didier Muszalski.

Sans tomber dans un pessimisme qui pourrait « plomber » la confiance de ses collègues de travail, Miguel Vassaux (CGT) n’est guère optimiste : « Il faut être réaliste et arrêter de croire à des chimères. C’est, d’ailleurs, en raison de cette situation préoccupante qu’on va confirmer lors d’un prochain CCE à Senlis le déclenchement du droit d’alerte. »

La CFDT, par la voix de Jacques Faieff, nous avait signalé dès le matin qu’elle ne réagirait pas avant d’avoir avisé le personnel. À noter que l’intersyndicale a expressément demandé que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, soit présent au cours de la réunion du 11 mars.

Le 12 Février 2013 - L’Union

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