266 fermetures d’usine annoncées en un an

Mardi 5 février 2013, par lohann // état des lieux

La scierie Lefèbvre à Buironfosse (Aisne), la manufacture de clarinettes de La Couture-Boussey (Eure), la fabrique de sacs Mondi de Saint-Jean-d’Illac (Gironde)... La disparition de ces usines-là n’a pas fait la une des journaux ni l’ouverture du "20 heures". Mais ces dossiers reflètent la réalité de la désindustrialisation autant sinon mieux que des sinistres spectaculaires comme Petroplus ou Goodyear.

De plus en plus de petites usines de ce type sont en effet rayées de la carte. En 2012, quelque 266 fermetures de sites industriels ont été recensées, soit 42 % de plus qu’en 2011. En moyenne, la taille de ces sites se limite à 71 salariés, selon les chiffres publiés, mardi 5 février, par la société Trendeo, qui traque les annonces de création et de destruction d’emplois.

LE DÉLITEMENT S’ACCÉLÈRE

Au final, Arnaud Montebourg a beau se mobiliser en faveur du "redressement productif", le délitement du tissu industriel tend au contraire à s’accélérer. Et l’année 2013 démarre mal : "Le mois de janvier, avec les annonces de Renault puis de Goodyear, a été le plus mauvais en termes de suppressions d’emplois depuis que nous collectons des données", indique David Cousquer, de Trendeo.

Après avoir culminé en 2009, au plus fort de la tempête économique, les fermetures de sites et les plans sociaux s’étaient un peu calmés en 2010 et 2011. Le mouvement est reparti de plus belle à partir de l’été dernier, alors que le nombre de créations d’usines progressait très légèrement, à 166.

Résultat : en quatre ans, 1 087 fermetures ont été annoncées, pour seulement 703 ouvertures. La France compte ainsi 384 sites industriels de moins qu’au début de 2009. C’est "le pays le plus désindustrialisé d’Europe", selon Patrick Artus, de Natixis.

Plus fort recul de l’activité du privé depuis quatre ans

L’activité du secteur privé français a replongé en janvier, enregistrant son plus fort recul depuis mars 2009. L’indice PMI confirme ainsi la première estimation publiée fin janvier et se replie à 42,7 points, contre 44,6 points en décembre, soit son plus bas niveau depuis 46 mois. Il s’éloigne fortement du seuil de 50 points qui marque la frontière entre périodes d’expansion et de contraction.
Cet indicateur avancé de la conjoncture, considéré comme fiable par les analystes, avait déjà touché en septembre son plus bas depuis mars 2009, mais la contraction de l’activité avait depuis ralenti sa cadence. Dans le détail, malgré la faiblesse actuelle de l’activité des services, la confiance des prestataires de ce secteur se renforce et atteint son plus haut niveau depuis cinq mois. Le PMI manufacturier, déjà rendu public, s’est lui replié de 44,6 points à 42,9 points en un mois.

Le 5 Février 2013 - Le Monde

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