Choc de compétitivité pour Renault : 7500 postes supprimés d’ici à 2016

Mardi 15 janvier 2013, par lohann // Renault

Six mois après le plan de PSA et ses 8.000 suppressions d’emplois, Renault a annoncé hier une réduction d’effectifs de 15% d’ici à 2016.

Dans un contexte où le marché automobile européen s’effondre, Renault sait qu’il y a urgence. La marque au losange doit réduire ses coûts de fabrication en France, de manière à être capable de produire de façon plus rentable. Pour cela, le groupe a entamé en octobre une négociation délicate avec les syndicats.

Dernier épisode : l’annonce hier d’un plan de suppression de 7500 emplois en trois ans, soit plus de 15% des effectifs, en misant sur 5700 départs naturels (départs à la retraite et départs volontaires) non remplacés.

Pas de fermeture de sites ni de plan social, donc. Mais 400 M€ d’économies sur les frais fixes, selon la direction, afin de « retrouver des marges de manœuvre pour investir et développer ses activités », et réaliser des « recrutements dont elle a besoin pour l’avenir ».
Un enjeu de taille. Pour Renault, il s’agit de rétablir la compétitivité de ses usines françaises pour résister à la concurrence des marques étrangères. PSA, son grand rival en France, qui emploie 80000 personnes, a lancé l’an dernier un vaste plan social prévoyant 8000 suppressions d’emplois et la fermeture de son usine d’Aulnay (Seine-Saint-Denis).

Renault compte de son côté arriver à un accord global de compétitivité d’ici à la fin du mois ou début février au plus tard. Objectif : s’aligner sur l’usine espagnole de Plencia ou encore sur celle de Nissan en Grande-Bretagne, bien plus performantes que la meilleure de ses usines française. Avec à la clé une réorganisation drastique du travail.
Moins de RTT. Lors d’une réunion la semaine dernière avec les syndicats, la direction a proposé d’aligner le temps de travail de tous ses sites de production pour atteindre 1603 heures annuelles, contre 1500 en moyenne actuellement, soit une augmentation de 6,5%. Objectif : ramener le nombre de RTT à dix jours, contre douze à trente jours aujourd’hui.

Réduire les pauses. Interdit désormais de déborder ! Les ouvriers devront se contenter de vingt minutes, pas une de plus, soit le temps minimum légal. En augmentant le temps passé sur la chaîne de production, le groupe économiserait 65 M€ par an, selon la direction.

Encourager les départs. Le constructeur souhaite élargir son dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), qui recouvre la mobilité, les reconversions et les aménagements de fin de carrière. Ce système est aujourd’hui proposé à des salariés en fin de carrière, en prévoyant une suspension de contrat rémunéré à 75% du salaire pour les collaborateurs susceptibles de faire valoir leurs droits à la retraite dans les trois ans sur des critères précis d’âge et de pénibilité. Il serait élargi à tous les collaborateurs, quel que soit leur statut et en oubliant le critère de pénibilité.

Favoriser la mobilité. Le groupe souhaite créer deux pôles pour ses usines en France. Un pôle Ouest comprendrait notamment les sites de Flins-sur-Seine (Yvelines), de Cléon, de Sandouville (Seine-Maritime) et du Mans (Sarthe). Le pôle Nord réunirait entre autres Douai et Maubeuge. Dans chacun de ces pôles, les salariés seraient totalement mobiles et pourraient aller travailler dans l’une ou l’autre des usines pour des durées indéterminées. « Il s’agit de regrouper les compétences et de mutualiser certaines ressources afin d’optimiser nos productions », précise le groupe. Pour la CGT, cette mobilité forcée des ouvriers va « gravement détériorer les conditions de vie et de travail ».

Privilégier les métiers en tension. Paradoxalement, dans un contexte de crise de l’emploi, Renault peine à trouver certains profils et métiers, ce que le groupe appelle des « compétences critiques », comme des chaudronniers par exemple. « Le redéploiement permettrait de monter des formations et de réaliser des recrutements sur ces compétences », a indiqué la direction, sans chiffrer le nombre d’embauches envisagées.

Le 15 Janvier 2013 - Le Parisien

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