Rhône-Alpes : Aoste taille dans ses effectifs

Mardi 18 décembre 2012, par lohann // Aoste

La restructuration sera présentée demain. Elle prévoit la fermeture du site d’ Yssingeaux (Haute-Loire).

Les pièces les plus nobles du porc n’échappent pas à la crise. En témoignent les difficultés du secteur de la charcuterie sèche (jambon cru, saucisson...) « même si nous en sortons mieux que nos collègues qui produisent de la charcuterie cuite », reconnaît l’un des représentants de la filière. Une situation qui conduit Aoste (détenu par Campofrio Food Group), le leader français du secteur avec 60.000 tonnes produites chaque année, à engager une nouvelle restructuration en RhôneAlpes Auvergne. Les deux régions constituent le principal pôle français de salaisons. Les modalités économiques et sociales du plan d’Aoste, qui vise 97 de ses 1.500 salariés français, seront présentées demain à Saint-Priest (Rhône), lors d’un CCE extraordinaire. Près de 65 postes devraient être supprimés et une trentaine seront transférés.

Le plan prévoit notamment la fermeture de l’usine moderne de fabrication de saucissons secs d’Yssingeaux (Haute-Loire), avec à la clef 25 postes supprimés. Le site « intéresse des repreneurs », selon le maire, Bernard Gallot. Une quarantaine d’emplois doivent être aussi être supprimés au sein des services supports, dans le Rhône, tandis qu’une trentaine de modifications de postes concerneront les sites de la Loire et de l’Isère, dans le cadre d’une centralisation au siège du service client.

Changement de dénomination

Ce nouveau plan de sauvegarde de l’emploi intervient quelques mois après celui lancé en avril, qui concernait 75 postes autour de son usine de tranchage de Boffres (Ardèche), fermée depuis octobre. Aoste ne comptera plus que quatre unités de production en Rhône-Alpes. Avec deux autres plus au sud, dédiées pour l’une au jambon de Bayonne, et pour l’autre au chorizo, près d’Albi. Celle d’Aoste (Isère), qui a reçu 2,5 des 8,5 millions d’investissements industriels de 2012, lui permet de vendre du « jambon Aoste », mais plus de « jambon d’Aoste », à la suite d’un recours de concurrents transalpins du Val-d’Aoste.

Le groupe, qui possède aussi les marques Justin Bridou, et Cochonou, réalise plus de 40 % des ventes grâce aux marques de distributeurs, réticentes à répercuter la hausse du coût des matières premières (+ 16 % depuis début 2012). Au second semestre, pour améliorer sa rentabilité, le groupe a centralisé et externalisé sa logistique à Kuehne Nagel, au sud de Lyon. Aoste, dont le PDG, Olivier Maës, parti en septembre, n’a pas été remplacé, vise un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros après la cession, début 2012, de son pôle charcuterie cuite Jean Caby.

Le 18 Décembre 2012 - Les Echos

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