Plus de 11 200 suppressions d’emplois au total : nouveau coup dur chez PSA

Mardi 11 décembre 2012, par lohann // PSA

Alors qu’un vaste plan de restructuration est en cours qui prévoit la suppression de 8000 postes, la direction de PSA envisagerait aussi 1500 départs « naturels ». Si l’on ajoute les départs volontaires liés au précédent plan, ce sont plus de 11 200 postes qui devraient disparaître de chez PSA d’ici 2014.

La liste des suppressions d’emplois chez PSA, dont le compteur semblait bloqué à 8000, vient subitement de s’allonger.

Lors du comité central d’entreprise (CEE) extraordinaire qui s’est tenu hier, mardi, la direction de PSA a annoncé qu’elle envisageait 1500 départs dits « naturels », c’est-à-dire des départs à la retraite ou des décès de salariés non remplacés. Si l’on ajoute à ces chiffres les départs liés au plan de départs volontaires engagé cette année, ce sont plus de 11 200 emplois qui devraient être supprimés chez le constructeur automobile d’ici 2014.

Selon les syndicats, consternés par cette annonce et ce nouveau coup dur, les effectifs dans l’activité automobile du groupe devraient donc passer d’ici 2014 d’environ 67 000 postes à 56 000 postes.

Plans B : les contre-propositions

C’est aussi mardi, lors du CEE, que le cabinet indépendant Secafi, mandaté par les délégués du personnel, remettait officiellement son rapport d’expertise à la direction et aux syndicats. Un rapport qui reconnait la nécessité d’une restructuration tout en soulignant le manque de clarté de la stratégie engagée et en pointant du doigt l’ampleur des suppressions d’emplois.

De leur côté, la CGT et la CFDT, dont l’avis n’est que consultatif, ont présenté au comité d’entreprise des contre-propositions pour adoucir le plan de restructuration. Des plans B qui ne nient pas la gravité de la situation, mais qui proposent des pistes de réflexion et des suggestions qui permettraient selon eux de maintenir tous les sites de PSA, comme notamment le passage aux 32 heures pour la CFDT ou un apport de 1,5 milliard de la famille Peugeot et de ses sociétés financières pour la CGT.

Salariés et syndicats restent mobilisés

C’est en juillet dernier que le groupe PSA avait annoncé ce plan de réorganisation de grande ampleur qui implique la restructuration du site de Rennes (en Ille-et-Vilaine), la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois (en Seine-Saint-Denis) et qui prévoyait à cette époque la suppression de 8000 emplois au total. Le Pdg, Philippe Varin avait promis alors « zéro licenciement ». Les syndicats, en plus de se montrer très sceptiques quant à cette promesse, avaient jugé immédiatement l’ensemble de ce plan « inacceptable ».

Au terme du comité central d’entreprise de mardi dernier, quatre syndicats, CFE-CGC, CFTC, FO et GSEA, estimant que « l’ampleur du plan proposé n’est pas recevable » ont rendu un avis négatif sur ce plan de restructuration.

Comme ils l’avaient annoncé, les élus CFDT et CGT n’ont pas rendu d’avis : « un avis ne peut être donné alors que les négociations concernant le volet social viennent à peine de démarrer et sont très loin d’être terminées » avait expliqué auparavant la CGT, ajoutant : « Il est incontournable d’attendre que l’ensemble des CHSCT du groupe PSA que la direction s’apprête à convoquer début janvier, rendent leur avis avant que les élus CGT puissent rendre un avis ».

Et comme ils l’avaient annoncé également, des salariés de PSA Aulnay se sont mis en grève, aujourd’hui, mercredi, et se sont rendus sur le site de Poissy pour manifester leur colère.

Le 12 Décembre 2012 - licenciementeconomique.fr

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