Les salariés de SFR en colère

Mercredi 28 novembre 2012, par lohann // SFR

« SFR = Salariés Foutus au Rebut », « SFR licencie à très haut débit ». Une centaine de salariés de l’opérateur mobile, réunis devant le siège de l’entreprise à La Défense, portaient ce matin des pancartes sur lesquelles on pouvait lire ces slogans. Les organisations syndicales sont très remontées contre la direction qui vient d’annoncer la suppressions de 1.123 postes via un plan de départs volontaires. Certes, l’opérateur, qui emploie 10.000 salariés, s’est engagé à en créer 267, ce qui aboutira in fine à la suppression de 856 postes nets, mais les syndicats n’y croient pas trop. « Sur certains sites, il va y avoir de la casse. Par exemple 56 emplois sur les 120 que compte Toulouse seront supprimés », prévient un syndicaliste tenant dans la main le document de 725 pages rédigé par la direction et distribué aux élus au cours du Comité central d’entreprise. « Tout le management intermédiaire va être touché », prévient Jean-Luc Martin, de la CFE CGC. « Les dirigeants de SFR veulent une structure plus légère, plus réactive face à Free ». De toute façon, prévient-il, « puisque le consommateur n’est pas prêt à payer.

SFR est bien sûr touché par la déferlante Free Mobile et ses offres low cost. Son excédent brut d’exploitation devrait ainsi chuter de 12 % cette année, et, si le groupe recommence à gagner des clients, il en a perdu plusieurs centaines de milliers depuis début janvier. Surtout, les prix baissent, ce qui plombe le chiffre d’affaires. Mais pour les syndicats, pas question d’entendre ce discours. Pour eux, il s’agit de « licenciements boursiers ». Ils rappellent d’abord que « les charges de personnel sont inférieures à 7% du chiffre d’affaires » et que « l’impact de ce plan sur la profitabilité de SFR ne dépassera pas 1% ». « Le résultat brut d’exploitation 2012 devrait se maintenir au delà des prévisions, autour de 3,2 milliards d’euros, garantissant plus d’un milliard de dividendes, en ligne avec les 14 milliards distribués au cours des 10 dernières années ».

Améliorer la compétitivité

Ensuite, le principal accusé n’est pas Free mais Vivendi, le propriétaire de SFR. Pour Vanessa Jereb, responsable de l’UNSA, « Vivendi veut rendre la mariée plus belle ». Le groupe de médias et télécoms cherche en effet à céder l’opérateur mobile et a engagé des discussions avec Numericable et Free. Damien Bornerand, de la CGT, va dans le même sens : « Ces suppressions de postes ne constituent pas un enjeu économique. Le but, c’est d’améliorer la compétitivité, alors que l’entreprise est extrêmement bénéficiaire, pour ensuite vendre SFR ». Dans un communiqué commun, les organisations syndicales ont dénoncé l’actionnaire de SFR : « Le droit à l’emploi des salariés est encore sacrifié pour plus de cash pour SFR et le groupe Vivendi », écrivent-ils.

Reste à savoir comment va s’engager la discussion entre syndicats et direction. Les organisations vont-elles faire pression pour réduire le nombre de départs volontaires ou vont-elles chercher à obtenir le maximum pour les salariés en partance ? Les 6 et 7 décembre prochain, les élus rencontreront de nouveau la direction qui leur présentera plus précisément son projet, notamment la réorganisation de la distribution.

Le 28 Novembre 2012 - Les Echos

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