Soisson : encore un sursis pour les Focast

Dimanche 4 novembre 2012, par Victor Morrisset // Focast

SOISSONS (Aisne). Pour faciliter la reprise de la fonderie focast Picardie, l’agglo vient de décider de faire une offre de rachat du site. Il y a quatre ans, la même stratégie avait aidé à la reprise de BSL par Genoyer.

IL y a urgence ! C’est donc à une réunion exceptionnelle que le président Jean-Marie Carré a convié les délégués de la communauté d’agglomération du Soissonnais, jeudi soir. Ils devaient se prononcer sur deux points à l’ordre du jour. Dont un concernant le sauvetage de la société Focast Picardie. Jean-Marie Carré a proposé à ses collègues la même stratégie que celle déjà adoptée dans un autre dossier au début du mandat : racheter le foncier pour faciliter la tâche à un éventuel repreneur.
Le 8 novembre prochain, le tribunal de commerce de Soissons devra se prononcer sur l’avenir de la fonderie Focast Picardie. Lors de la dernière audience, le 4 octobre, les juges avaient accordé un mois de sursis à l’entreprise et à son administrateur pour trouver un repreneur. « Il y a une fenêtre de tir, qui n’est pas large, mais il y a des possibilités », a assuré Jean-Marie Carré.
« Il serait souhaitable d’intervenir dans cette action comme nous l’avions fait avec BSL, a-t-il rappelé, ce qui permet à l’industriel qui souhaite répondre de se concentrer sur l’emploi et l’outil de travail en le soulageant ainsi du prix du foncier. » Cette stratégie avait fonctionné pour BSL, qui avait trouvé en Genoyer un repreneur.
Jean-Marie Carré veut croire que l’histoire peut se répéter avec Focast Picardie. Il a rencontré deux des trois industriels qui pourraient être intéressés par la reprise de l’activité du site de Villeneuve-Saint-Germain : « Depuis, j’ai acquis la conviction que la fonderie a encore de l’avenir devant elle. La délocalisation, ils en reviennent à cause du coût de transport important, des délais trop longs. Il y a une technicité à Villeneuve-Saint-Germain qu’il n’y a pas dans beaucoup de fonderies. C’est un outil de travail performant avec des gens qualifiés. »

Une prise de risque

Il a été proposé aux délégués de voter le rachat des 30 260 m2 de foncier, dont 90 % bâtis, au prix de 450 000 euros hors taxe, le prix le plus bas en raison de la méconnaissance des coûts de dépollution et des risques à venir. L’ensemble industriel est vétuste et aucune analyse environnementale au sujet de la pollution du sol, du sous-sol et des toitures des bâtiments n’existe actuellement. Une prise de risque pour la collectivité.
Albert Grandfond, de Villeneuve-Saint-Germain a également mis en avant : « Entre Baxi et Focast, il n’y a pas de mur, c’est une allée. Dès janvier, il se pourrait qu’il n’y ait plus un seul salarié de Baxi sur le site. Est-ce que demain, on le fera aussi pour Baxi ? », sachant que la surface de Baxi est deux fois plus grande que celle de Focast.
« À chaque jour suffit sa peine. Je ne veux pas que le dossier Baxi pollue le dossier Focast », a tranché Jean-Marie carré (lire par ailleurs). La délibération a été votée à l’unanimité. Si repreneur il y a en novembre, il versera un loyer à la communauté d’agglomération.

Ludivine BLEUZÉ


L’Union le 27 octobre 2012

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