Soissons : Focast menace 130 emplois

Jeudi 18 octobre 2012, par Victor Morrisset // Focast

SOISSONS (Aisne). La société Focast Picardie a été placée en redressement judiciaire, hier. Il reste un mois pour trouver un repreneur. Les salariés se sont fait entendre.

Quolibets et sifflets pour le PDG de Focast Picardie, hier, à la sortie du tribunal de commerce de Soissons. Si Frédéric Alleaume avait le choix de passer par l’entrée des artistes sur le côté du palais de justice, il a préféré ne pas se dérober, sachant bien ce qui l’attendait. À l’issue de l’audience, il a affronté la vindicte des salariés de Focast Picardie qui le tiennent pour responsable de la situation de la fonderie.

La CGT venait alors juste de poser le porte-voix. Franck Casola, représentant du personnel, a donné la décision des juges : Focast a obtenu un sursis d’un mois, passant de la procédure de sauvegarde à celle « de redressement judiciaire avec recherche de repreneur ». Un appel d’offres va être lancé par l’administrateur judiciaire, avec une date limite de dépôt des offres fixée au 5 novembre et un renvoi de l’affaire à l’audience du 8 novembre.

« Une chance sur un million »

Les magistrats ont également pris acte du plan de sauvegarde des emplois. Un plan social qui touche une quinzaine de salariés, « entériné le 20 septembre avec l’avis favorable du comité d’entreprise. Ces quinze personnes veulent partir », souligne Franck Casola.

Pour les élus CGT, c’est rendre à la fois service à ces volontaires au départ qui peuvent ainsi partir à des conditions intéressantes et à l’entreprise, la masse salariale ainsi allégée étant un argument à faire valoir auprès d’un repreneur.

Un mois, donc, pas plus pour le trouver, pour le convaincre que Focast Picardie et ses salariés ont un avenir. Pour l’administrateur judiciaire, Me Declercq, « on est à la croisée des chemins, tout doit être tenté pour sauver les 130 emplois, quand bien même nous n’avons qu’une chance sur un million ». Le procureur, Jean-Baptiste Bladier, a aussi requis pour que les juges fassent « droit à la demande de redressement. Il y a une prise de risque mais il faut aller jusqu’au bout de la démarche. On ne reste pas au milieu du guet dans cette situation ».

Si Focast Picardie se portait mieux au printemps, un retournement de situation s’est opéré cet été.

« Une chute brutale »

En quelques semaines, l’entreprise a généré un nouveau million d’euros de dette. « Nous sommes partis d’un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros en 2011 à 1 million en 2012, avec une chute des commandes de Baxi », souligne le PDG. Cette baisse des commandes de Baxi à la fonderie « était prévue mais pas dans cette forme de falaise. C’est une chute brutale ». Elle a poussé, hier, 400 personnes selon les syndicats, 150 selon la police dans la rue.

Les salariés de Focast mais aussi de Baxi, de Géodis, plateforme logistique qui doit fermer, solidaires, ont défilé bruyamment en ville. Malgré les cordes qui se sont abattues sur eux, ils sont restés mobilisés devant le palais de justice durant l’audience. Franck Casola l’a rappelé aux magistrats : « Les salariés n’ont jamais baissé les bras. »

Ludivine BLEUZÉ


L’Union le 05 octobre 2012

Répondre à cet article