Faurecia va supprimer 3.000 postes en Europe sur 2012-2013

Lundi 12 novembre 2012, par lohann // Faurecia

Le premier équipementier automobile français a décalé de deux ans ses objectifs de marge opérationnelle à cause du recul du marché européen. Pour améliorer sa rentabilité, il va à nouveau sabrer dans ses effectifs en Europe de l’ouest l’an prochain.
Faurecia prend des mesures pour s’adapter à la dégradation durable du marché automobile européen. L’équipementier automobile détenu à 57 % par PSA prévoit de supprimer quelque 1.500 postes dans ses sites d’Europe de l’ouest en 2013, soit à peu près le même nombre que les emplois éliminés en 2012, a indiqué ce lundi son directeur financier, Frank Imbert, dans le cadre d’une réunion investisseurs. Le groupe employait plus de 43.000 personnes en Europe fin 2011, sur un total de 84.000 dans le monde.

Ce tour de vis va se traduire par une nouvelle provision de 90 millions d’euros l’an prochain, après celle de 100 millions cette année, déjà supérieure aux prévisions initiales. « Notre objectif est de stopper l’hémorragie en Europe l’an prochain. Nous avons perdu un cash flow significatif (dans cette région, NDLR), et nous devons nous adapter », se justifie le PDG, Yann Delabrière. L’état-major du groupe, qui compte en France une quarantaine de sites de production et centres de R&D, n’a pas précisé le détail de ces coupes par pays, alors que des inquiétudes émergent pour certains sites très dépendants des usines PSA d’Aulnay ou de Poissy, par exemple Méru, dans l’Oise.
Une majorité de l’effectif en Europe de l’Est

« En Europe, où le marché devrait demeurer faible, Faurecia mettra l’accent sur la sécurisation de sa rentabilité en ajustant sa base de coûts à l’Ouest et en étendant son dispositif industriel en Europe de l’Est », expliquait ce lundi un communiqué. Résultat : plus de la moitié de l’effectif européen du groupe sera basée en Europe centrale et orientale à compter de 2016, région où sept nouveaux sites de production sont programmés, précise l’agence Reuters.

L’équipementier spécialisé dans les intérieurs, les pare-chocs et les systèmes d’échappement doit se réorienter rapidement, pour ne pas être trop miné par les difficultés des deux constructeurs français. A fin septembre, PSA ne représentait plus que 14,7 % de ses ventes, loin derrière Volkswagen. Renault-Nissan générait quant à lui 10,6 % des revenus, pointant au quatrième rang derrière Ford.

Grâce à un fort coup d’accélérateur sur les marchés porteurs (Chine, Amérique du Nord et Russie), l’entreprise vise une croissance moyenne de son chiffre d’affaires de 6 à 7% par an, à 22 milliards d’euros en 2016. A cet horizon, l’Europe ne représenterait plus que 45 % des ventes totales, contre 63 % en 2011. La déprime du Vieux Continent l’a contraint de repousser de deux ans son objectif de marge opérationnelle supérieure à 5 % du CA, objectif dorénavant inscrit pour 2016.

Le 12 Novembre 2012 - Les Echos

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