Carcassonne. Les Pilpa poursuivent leur combat

Dimanche 30 septembre 2012, par Victor Morrisset // Pilpa

L’espoir. Les Pilpa l’entretiennent avec détermination. Accablés et abattus en juillet lorsque leur patron Lionel Rolland leur a annoncé la fermeture du site et le licenciement de tout le personnel (124 salariés), les Pilpa ont retrouvé goût à la vie. Les conclusions du rapport Progexa, le cabinet mandaté par le comité d’entreprise, les ont confortés dans leur détermination à se battre, du moins à ne pas mourir sans avoir livré bataille. Et l’espoir n’est pas un vain mot. Pour Christophe Barbier, le secrétaire du comité d’entreprise, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) serait d’ailleurs purement et simplement caduc. C’est ce que les salariés sont (re) venus dire hier au préfet de l’Aude, après avoir mené une opération escargot dans les rues de la ville. Selon le représentant du personnel, le PSE ne serait pas, en l’état, applicable. Et de rappeler que ce plan social devrait être élargi au périmètre du groupe, et non maintenu au seul site de Carcassonne. « Sur ce point, je pense que nous sommes en capacité d’obtenir gain de cause sur le plan juridique », estime Christophe Barbier.

À terme, c’est-à-dire dans un mois, l’inspection du travail sera amenée à fournir des observations sur le PSE. Elle aussi pourrait avoir son mot à dire et rappeler, le cas échéant, le groupe R & R à ses obligations légales. Notamment sur la question du reclassement. À ce jour, R & R France propose en tout et pour tout huit postes de reclassement en France.

Les responsables syndicaux s’interrogent également sur la stratégie du groupe, qui, selon eux, aurait déjà budgétisé pour l’exercice à venir une somme de 18 M€ destinée aux salaires. « Ceci nous renforce à penser qu’ils s’intéressent uniquement à nos productions », estime Christophe Barbier. Car côté travail, les chaînes de production ne chôment pas en ce moment. Le site carcassonnais tourne en trois-huit afin d’assurer les commandes de bûches glacées que l’on retrouvera au moment des fêtes de fin d’année.

En attendant, les représentants syndicaux attendent la réunion n°3. « Pour l’heure, la date est celle du 15 octobre », précise encore Christophe Barbier. Ce jour-là, le comité d’entreprise est censé donner son avis sur la faisabilité du PSE. Si la réponse semble d’ores et déjà connue, les représentants du personnel pensent que la date sera reportée.

En attendant, les élus locaux ont été saisis d’un nouveau courrier leur demandant de peser de tout leur poids pour contrecarrer les projets du groupe R & R. Le 9 octobre, les Pilpa seront à Toulouse. Samedi, une délégation viendra à la rencontre d’Harlem Désir en visite à Lézignan-Corbières. Enfin, ils donneront le coup d’envoi du match de l’ASC XIII au stade Albert-Domec.

Les Pilpa ont rencontré hier midi le préfet de l’Aude. L’occasion pour les représentants du personnel de rappeler que les conclusions du rapport Progexa confirment la viabilité du site du glacier carcassonnais.


La Dépêche, le 29 septemre 2012

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