PSA va supprimer 8 000 emplois en France

Vendredi 13 juillet 2012, par lohann // PSA

La nouvelle est tombée tôt ce jeudi 12 juillet. PSA, confronté à des graves difficultés financières, annonce un vaste plan de restructuration "afin de restaurer sa compétitivité et d’assurer son avenir", indique-t-il dans un communiqué.

3 000 emplois supprimés à Aulnay

Parmi les mesures envisagées par le groupe, l’arrêt des activités de production du site d’Aulnay qui emploie 3 000 personnes. "En région parisienne, le groupe dispose de deux sites spécialisés dans la production de petites voitures, tous deux actuellement en sous-charge, Aulnay pour la Citroën C3 et Poissy pour la Peugeot 208 et les Citroën C3 et DS3. Afin d’assurer un taux d’utilisation satisfaisant, il est désormais nécessaire de prévoir le regroupement de la production sur un seul site", justifie-t-il.

PSA prévoit de proposer des postes à 1 500 salariés en interne et à 1 500 salariés dans le bassin d’emploi d’Aulnay "grâce aux actions de reclassement externe".

Le site de Rennes particulièrement affecté

Outre Aulnay, l’usine de Rennes est particulièrement touchée. Dédiée aux Peugeot 508 et Citroën C5 et C6, elle est affectée par la baisse du marché européen des grandes berlines. Le groupe annonce donc un redéploiement des effectifs de 1 400 emplois sur un total de 5 600 salariés.

Puis sur l’ensemble des sites en France, 3 600 emplois seront supprimés afin de permettre à l’industriel de "s’adapter à son volume d’activité". Au total, ce sont 8 000 emplois qui sont menacés dans le plan d’économies annoncé. En ce sens, un plan de départs volontaires de l’entreprise serait proposé aux salariés. Dans le détail, 1325 postes sont supprimés à la direction industrielle, et 1407 à la recherche et au développement. Le seuil critique des compétences est maintenu en France et les effectifs R&D hors Europe vont également être touchés par ce plan. Par ailleurs, 570 postes sont supprimés à la direction des marques et 284 dans les autres directions du groupe. ces 8 000 postes viennent s’ajouter aux 1 900 annoncés en novembre.

Mais le groupe l’assure, la concertation et le dialogue social primeront dans la mise en œuvre de ces mesures. "Un plan de sauvegarde de l’emploi sera soumis pour consultation aux instances représentatives du personnel", informe PSA.

Ces annonces laissent tout de même un goût amer aux salariés. "Je ne sais pas si la réaction des salariés sera à l’échelle du mauvais coup qu’on nous porte. Une chose est sure, nous avons du mal à oublier les 10 milliards de bénéfices combinés sur les 10 dernières années et les 14 milliards d’euros de fonds propres", objecte un salarié de la R&D.

"Philippe Varin veut la guerre, il va l’avoir"

Ce jeudi matin, au siège de PSA, l’ambiance est électrique alors que se tient le Comité central d’entreprise exceptionnel. Les cars de CRS ont envahi l’avenue de la Grande Armée.

"Philippe Varin a déclaré la guerre aux salariés. Il veut la guerre, il va l’avoir", s’insurgea Jean-Pierre Mercier, délégué syndical de PSA Aulnay. "On va travailler pour que les vagues atteignent PSA. On va s’adresser aux camarades de Poissy, de Renault, de Toyota", avertit-il.

"Avec tout ce qui s’est passé depuis un an, nous avons perdu confiance dans la direction. Aujourd’hui il faut laisser les salariés exprimer leur colère", explique Eric Charlier, délégué syndical CFE-CGC. Par ailleurs, l’organisation lance un appel au gouvernement et leur demande d’être des facilitateurs pour résoudre les proble et tenter de trouver des solutions de reclassement des salariés.

Le refus d’Arnaud Montebourg

Plus tard daans la journée, c’est au tour du ministre du Redressement productif de s’exprimer sur le cas PSA. "Nous n’acceptons pas en l’état le plan" dévoilé par le premier constructeur automobile français lors d’un CCE extraordinaire, a déclaré Arnaud Montebourg devant le Sénat, sans préciser les moyens de pression que le gouvernement pourrait exercer sur le groupe privé.

Un expert, Emmanuel Sartorius, a été nommé afin d’examiner la situation financière du groupe privé. "Nous allons demander à PSA d’abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d’ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire", a souligné l’ancien candidat à la primaire socialiste. "Nous demandons à PSA d’examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu’il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés", a-t-il insisté.

Le 12 juillet 2012 - L’Usine Nouvelle

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