Les ex-Essex en justice pour contester leurs licenciements

Vendredi 15 juin 2012, par Victor Morrisset // Essex

Jeudi 07 juin, le conseil des prud’hommes de Laon a renvoyé au 20 décembre la décision concernant la contestation du licenciement des salariés d’Essex.

« C ’est logique, on s’y attendait. Nous verrons bien en décembre. »
Jeudi, à la sortie de l’audience du conseil des prud’hommes de Laon, beaucoup anciens salariés de l’entreprise Essex étaient satisfaits de ce qui venait de se dérouler, même si la décision venait d’être renvoyée au 20 décembre.
Durant plus de trois heures, les avocats des deux parties se sont battus, à coup de petites phrases et d’arguments, tentant de prouver ou de démonter la contestation des licenciements de 53 des 124 salariés licenciés en 2008.
L’avocat des ex-salariés a ouvert le bal en rappelant les trois points essentiels qui constituent la requête devant la justice : « Il y a les licenciements sans cause réelle et sérieuse, la violation conventionnelle de reclassement et le préjudice d’anxiété lié à l’amiante. »
Philippe Brun a indiqué que les salariés avaient touché une prime supra légale de 32 500 € alors qu’à côté, 1 500 € leur étaient proposés pour être mobiles au sein du groupe industriel.
Mobiles ou pas
« Il y a des entreprises qui proposent 25 000 € en guise de prime de mobilité et je peux vous dire que, dans ce cas, il n’y a aucun licenciement. Comment voulez-vous que les salariés d’Essex aient envie de bouger ? »
Son contradicteur, défenseur du groupe Essex, Bruno Courtine, a fait savoir qu’après transmission d’une fiche de préférence à tous les employés, aucun ne souhaitait être mobile. « Une procédure de licenciement, c’est semé d’embûches. Il me semble que la signature d’un accord avec les partenaires sociaux est la meilleure des choses. C’est ce qui a été fait chez Essex mais, aujourd’hui, mon confrère avance des jurisprudences qui sont des faux-semblants. Un salarié aurait-il accepté de partir travailler en Chine ? Il faut arrêter, et remettre en cause un plan de sauvegarde de l’emploi de cette façon, c’est grotesque. »
Philippe Brun demande entre douze et quarante mois de salaires comme dommages et intérêts.
En ce qui concerne le préjudice d’anxiété, « c’est la double peine, ils vivent dans la peur de la maladie. La maladie est éventuelle mais le risque est avéré ».
Me Courtine a fait savoir que le taux de reconnaissance d’exposition était assez faible. « Il n’y aurait donc pas de risque avéré et la fiche d’exposition que les salariés ont reçu ne justifie rien ».
À l’issue de la plaidoirie et du renvoi au 20 décembre, Me Brun a réuni les anciens d’Essex en faisant état d’un certain optimisme pour la suite. Chacun espère donc que le Père Noël des Prud’hommes sera généreux dans six mois.


Samuel PARGNEAUX
L’Union Presse, le 09 juin 2012

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