La saison des plans sociaux est ouverte

Vendredi 11 mai 2012, par Victor Morrisset // actualité générale

Les plans de restructuration pourraient se multiplier dans les semaines à venir, le paysage politique étant désormais dégagé. Quelles entreprises en mauvaise santé vont en faire les frais et pourquoi ? Eléments de réponse...

Sarkozy a perdu son emploi ce dimanche et pourrait être imité par des milliers de salariés français victimes de plans de restructuration. L’entre-deux-tours et la pression du gouvernement sur les derniers chantiers à risque a retardé l’échéance et François Hollande va devoir faire face d’entrée à la mise à exécution de plans sociaux.

Le sort de milliers de salariés en jeu

Lejaby, Photowatt, Petroplus, Fonderie du Poitou et bientôt Neosécurité, autant d’entreprises qui ont bénéficié de la situation politique, sans oublier les cas particuliers comme celui du Sernam. Des traitements de faveur express dont pourraient ne pas bénéficier les suivantes.

Air France-KLM. Le volet social est en négociations jusqu’en juin prochain, alors que le volet économique de trois milliards d’économies à réaliser d’ici 2015 a déjà été entériné. C’est le 30 juin qu’ils dévoileront l’ampleur des suppressions d’emplois.

Carrefour. Un plan social pourrait concerner au minimum 3.000 emplois. Georges Plassat, le nouveau patron du numéro un français de la distribution devrait réserver l’annonce de la plupart de ses mesures pour relancer le groupe à l’assemblée générale du 18 juin prochain.

Novatrans. La filiale de transport combiné de la SNCF, déficitaire et s’appuyant sur 250 salariés, qui n’exclut pas une liquidation à l’amiable, tient le 9 mai prochain un conseil d’administration décisif.

PSA. A Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, les 3.100 employés ont-ils un avenir après 2014 ? Aucune fermeture n’a pour l’heure été annoncée. La direction martèle que le site produira la Citroën C3 jusqu’à 2014. Mais son sort paraît scellé au-delà. L’annonce du plan était prévue pour le second semestre 2012.

Rio Tinto Alcan. La firme de Saint-Jean-de-Maurienne, forte de 600 salariés, est dans l’attente d’un repreneur.

SFR. L’opérateur téléphonique historique, mis à mal par l’entrée sur le marché français de Free Mobile, semble s’acheminer vers un millier de suppressions de postes.

Technicolor. Sis à Angers et comptant 350 salariés, il est voué à une fermeture prochaine malgré la dimension emblématique que l’entreprise a acquis durant la campagne.

Pour la plupart des patrons envisageant ou ayant annoncé un plan de restructuration, le nom du candidat élu influe peu ou pas sur leur décision. Mais la seule existence du calendrier électoral avait suffi à repousser l’échéance. Le nouveau gouvernement pourra-t-il tenir le rythme de sauvetage effréné de la campagne du président sortant ? Réponse sous peu.


Bertrand de Volontat "20 minutes", le 07 mai 2012

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