Fonderie du Poitou : le plan social ramené à 53 départs volontaires

Dimanche 20 mai 2012, par Victor Morrisset // FPDA

Visite simultanée de Ségolène Royal et Eric Besson, halte du président-candidat Nicolas Sarkozy, polémique sur la promesse de reprise... la Fonderie du Poitou Aluminium d’Ingrandes (Vienne) s’est trouvé propulsé au coeur de la campagne présidentielle. Depuis la reprise fin avril par le groupe Saint Jean Industries, comme annoncé, les 455 salariés attendaient d’être fixés sur leur sort. Finalement, le plan de sauvegarde de l’emploi portera sur 53 départs volontaires.

Lors d’un comité d’entreprise, mercredi, la direction de Saint Jean Industries a annoncé que les sept salariés jusqu’alors concernés par des « licenciements secs » seraient « conservés par l’entreprise ». Une décision rendue publique par l’intersyndicale dans un communiqué. « Cette décision réduit donc les 60 suppressions de postes prévus à 53 départs sur la base du volontariat », ajoute l’intersyndicale, notant que l’effectif de l’entreprise est ainsi porté à 402 salariés au lieu des 395 prévus dans le plan social initial.

Selon, l’intersyndicale, la direction a fait valoir « que sa démarche concernant la reprise des sept personnes licenciées a pour objectif un apaisement social afin de tourner la page » de l’ancien propriétaire du site, Montupet, « et de réussir une reprise d’activité pour garantir l’avenir de l’entreprise ». Les élus du CE se disent « soulagés et satisfaits », et considèrent « que les salariés qui se sont investis dans dix mois de lutte (...) peuvent être fiers de leur combat qui n’a pas été vain ».

Les salariés avaient obtenu mercredi dernier un accord sur une prime supra légale de 30.000 euros brut, au lieu des 13.000 euros initialement proposés. Ils avaient obtenu cette révision, après que Renault, principal client de l’usine et son ancien propriétaire, Montupet, aient accepté de revoir leurs propositions. Chaque salarié se verra en outre allouer un montant de 7.000 euros brut destiné à couvrir des frais de formation, à encourager la création d’entreprises ou à financer des frais de mobilité.

La Fonderie du Poitou Alu, qui fabrique des culasses, avait été placée en redressement judiciaire le 20 octobre 2011, après sept semaines de grève contre un projet de baisse des salaires lancé par son propriétaire de l’époque, le groupe Montupet. L’entreprisea trouvé le 19 avril un repreneur, Saint Jean Industries, encouragé par des engagements de commandes et d’investissements provenant de Renault.


Le Parisien du 16 mai 2012

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