Albany-Cofpa : vers une reprise rapide de l’activité ?

Samedi 3 mars 2012, par Victor Morrisset // Albany

Le retour de la direction locale va-t-il apaiser l’indignation des salariés d’Albany ? L’usine ne devrait pas reprendre son activité avant lundi. Par ailleurs, Laurent Pagnon, nommé médiateur pour accompagner la phase de licenciement a été remercié par le groupe.

« Ce n’est pas un coup de fil du ministre du travail Xavier Bertrand qui va tout faire rentrer dans l’ordre. Certes il a demandé au PDG de tout faire pour que le travail reprenne et on a vu le résultat, le directeur du site et la DRH sont revenus ce matin, mais cela ne suffit pas ».

Une reprise du travail jeudi matin ?

À la surprise générale, les salariés ont vu arriver vers 8 heures 45 les deux responsables de leur site. Bruno Delasalle s’est adressé à eux et a assuré qu’il regrettait d’être parti jeudi « mais j’avais des ordres ». Le même directeur leur a avoué qu’il avait préparé une éventuelle séquestration le 23 février et qu’il avait apporté dans sa voiture un sac de couchage et une brosse à dents. Au-delà de l’anecdote, il a insisté sur la nécessaire reprise du travail. « Les machines vont être rapidement décadenassées et nous pourrons reprendre notre activité demain à 5 heures. Pendant ce temps, le PSE (plan de sauvetage de l’emploi) sera poursuivi » leur a-t-il dit. Cette nouvelle a surpris les salariés dans la mesure où pour eux, « aucun PSE n’est engagé, le CCE doit être poursuivi, la séance a été levée le 23 février, nous considérons qu’il est en suspens ».

Une cellule psychologique indispensable pour les salariés

En outre, les salariés accusent tous une fatigue générale et nerveuse visible, « nous souhaitons le déploiement d’une cellule d’aide psychologique, insiste Christophe Sardin délégué syndical, de nombreux salariés sont déjà usés par 6 jours d’inquiétude, de tension nerveuse et doivent être accompagnés. La médecine du travail se chargera de mettre en place une structure de soutien dès demain. Aussi, nous ne pensons pas pouvoir être opérationnel dans l’immédiat. Les salariés doivent aussi avoir quelques données sur leur avenir et à l’heure actuelle il est particulièrement incertain ».

Le président du groupe Albany est attendu

Les salariés exigent aussi que le directeur Europe du groupe Albany, Daniel Alfetermeyer « vienne sur le site de Saint-Junien et entame un dialogue avec nous et avec les élus, l’inspection du travail et l’ensemble des interlocuteurs locaux. Nous établir un dialogue social qui n’a pas existé ces derniers jours et que nous estimons indispensable. Xavier Bertrand lui a demandé de renouer le débat, nous sommes prêts à discuter ».

Bientôt une table ronde

Les vœux des salariés seront ils rapidement suivis d’effet ?? C’est ce que pourrait laisser supposer une communication de la préfecture qui annonce que la procédure de réouverture du site est engagée. « Parallèlement, et sans préjuger des procédures légales qui prévoient la consultation en bonne et due forme du comité central d’établissement, le préfet a reçu mission du gouvernement d’organiser une table ronde à la préfecture de la Haute-Vienne permettant aux représentants du personnel, aux syndicats et aussi aux élus locaux de rencontrer le président du groupe dans les tous prochains jours ». Une bonne nouvelle aux yeux des salariés saint-juniauds leur a été annoncée dans la journée. Laurent Pagnon, nommé médiateur pour accompagner la phase de licenciement a été remercié par le groupe.


Laurent Borderie, La Montagne le 29 février 2012

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