Les ex-Nexans et Essex devant les Prud’hommes (Aisne 02)

Dimanche 18 septembre 2011, par Victor Morrisset // Essex

Les anciens salariés de Nexans et d’Essex se sont retrouvés, hier, devant le conseil des prud’hommes à Laon pour une audience de conciliation afin de demander des indemnités faisant suite à leur licenciement et à leur exposition à l’amiante.

C’est un premier pas dans la lutte que les anciens salariés des entreprises Nexans et Essex ont effectué hier.
Ils se sont retrouvés au conseil des prud’hommes de Laon afin de participer à une audience de conciliation. En effet, à la suite de leur licenciement, ils ont engagé une procédure afin de le contester. De plus, ils engagent une action afin que soit reconnu un « préjudice d’anxiété », compte-tenu que beaucoup d’entre eux ont été exposés à l’amiante durant leur carrière.

L’audience d’hier n’a rien donné, si ce n’est d’établir le rapport de force entre l’avocate des salariés, Me Nathalie Campagnollo, associée de Me Philippe Brun et les avocats des entreprises mises en cause.
« Le conseil des prud’hommes a décidé de vous faire passer, un par un, pour vous poser la même question : « Êtes-vous prêts à baisser vos prétentions financières ? » C’est un peu fort, d’autant qu’en face, il n’y avait aucune autre proposition de prête. Pour Essex, il a été précisé qu’aucune négociation n’était possible et pour Nexans, c’est « On va réfléchir et nous verrons ». Bref, ce fut une vraie pantalonnade, précisait l’avocate aux salariés, à la suite de l’audience. Et puis, mes collègues qui défendent les entreprises ont avancé que le préjudice d’anxiété était incertain et qu’aucune maladie professionnelle n’était déclarée. Et bien heureusement, sinon ce serait la faute inexcusable et non pas le préjudice d’anxiété. Ensuite, il a été indiqué qu’il fallait prouver l’exposition. Dans ce cas, les attestations de l’entreprise, qui disent noir sur blanc que le salarié a été exposé, sont là ! »
Le scénario d’hier était prévisible. Il emmène désormais les plaignants en février. Le 9 exactement, où les choses sérieuses seront véritablement lancées. « À 9 heures pour les Essex et à 10 h 30 pour les Nexans, ce sera l’heure des plaidoiries. C’est pourquoi je vous demande de me fournir tous les justificatifs et autres attestations de travail ou non et d’exposition à des produits dangereux, comme l’amiante. »

Nathalie Campagnollo a ensuite expliqué qu’à la suite de la plaidoirie, le jugement serait vraisemblablement rendu au printemps 2012, avant très certainement un renvoi devant la cour d’appel d’Amiens.
C’est elle qui rendra un jugement avec une indemnité à la clef… ou pas. « La cour d’appel prononcera son jugement avec une indemnité et Nexans et Essex se devront de vous verser la somme d’argent, s’ils veulent aller en cassation », a ajouté l’avocate.

Chacun s’est donné rendez-vous en février, en attendant que quelques-uns des anciens salariés, qui ont été « officiellement » licenciés, se lancent également dans l’action en justice. Un long combat s’annonce.

Samuel PARGNEAUX


L’Union presse le 16 septembre 2011

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