SMCO-SMCN : 90 licenciements

Lundi 13 février 2012, par Victor Morrisset // SMCO-SMCN

Deux entreprises nazairiennes liquidées

Huit heures, jeudi matin. Le froid mord le moindre bout de chair qui dépasse. Deux colonnes de fumée noire s’échappent au bout de l’avenue de Penhoët, comme pour symboliser les deux entreprises nazairiennes liquidées : SMCO et SMCN. Arrivés au petit matin, les ouvriers des deux sociétés bloquent les entrées des chantiers. Face à l’atelier 4 des chantiers STX, ils sont une trentaine à se tenir entre les foyers de palettes. Le rond-point leur appartient, le Port est paralysé.

« Nous avons lancé un mouvement de sauvegarde de nos emplois, expliquent Christophe Le Floch et Nicolas Guérin, respectivement délégués SMCO et SMCN. Les liquidations des deux sociétés aboutissent à 90 licenciements. Nous voulons un reclassement pour tous les ouvriers. On veut mettre la pression sur les pouvoirs publics. » Et, à l’occasion de ce blocage, sur STX, Airbus et Man Diesel.

« On estime que STX a des responsabilités par rapport à nos emplois. Ils pourraient embaucher une quinzaine de personnes. Man Diesel et Airbus cherchent des gens, donc on les sollicite. On voudrait un reclassement assez rapide. » Et pour ça, ils comptent prendre leur temps. Les palettes sont assez nombreuses pour tenir le siège toute la journée.

Le responsable désigné de ces échecs, c’est le groupe Hervé qui a racheté la SMCO il y a trois ans de cela. « Et cela fait trois ans que cela va mal », ironise un des futurs chômeurs. « Une réunion a lieu ce matin (hier, NDLR) entre Michel Hervé, propriétaire du groupe Hervé, et Christophe Clergeau, vice-président au conseil régional », précise Christophe Le Floch. Contacté, l’élu ligérien n’a pas souhaité s’exprimer.

Les ouvriers devraient en savoir davantage aujourd’hui, lors de la visite du premier vice-président de la Région aux chantiers Baudet. En écho aux déboires de Baudet, SMCO et SMCN, les élus communistes de la Carene demandent un Grenelle de la sous-traitance dans la Navale. Ils souhaitent une harmonisation des droits entre les salariés français et étrangers.

S’armant de patience dans leurs voitures, les automobilistes qui souhaitent rejoindre les chantiers ne font pas entendre leurs klaxons. « Ils savent qu’une fois que les grands bateaux seront partis, ça va être leur tour », explique Christophe Le Floch.

Déjà mercredi matin, ils avaient dû faire face à la grogne de la seule SMCN. La plupart d’entre eux finissent le trajet à pied. « Après tout, marcher 20 minutes par jour est bon pour la santé », plaisante un employé qui presse le pas, le froid aux trousses. A bicyclette, une jeune femme encourage ceux qui tiennent le pavé.

À treize heures, les hommes sont toujours en place. Les camions squattent l’avenue de Penhoët sur toute sa longueur. Impossible pour eux d’accéder aux Chantiers. Et ce n’est peut-être pas fini. Les ouvriers licenciés se tâtent pour passer la nuit sur place. « Ce qui est sûr, c’est que l’on sera sur place demain matin (vendredi NDLR) », confirme Nicolas Guérin.


Ouest France le 10 février 2012

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