SNCM : les grévistes menacés de licenciement

Jeudi 9 février 2012, par Victor Morrisset // SNCM

À la SNCM, le bras de fer se radicalise. Dans une lettre adressée au préfet de Région, Marc Dufour, le président du directoire de la SNCM, demande l’application de l’ordonnance du tribunal de grande instance de Marseille qui autorise le recours à la force publique pour permettre au Corse de rejoindre Toulon. Amarré à la digue du Large depuis le 23 janvier, le navire ne peut en effet appareiller. "Une partie de l’équipage est en grève", explique Frédéric Alpozzo, le porte-parole des marins CGT. "Il n’y a pas de grévistes à bord", rétorque Marc Dufour. Avec Gérard Couturier, le président du conseil de surveillance de la SNCM, il reproche au syndicat de maintenir à bord du Corse"des marins qui n’ont plus rien à y faire".

"Nous demandions une réunion du conseil de surveillance : nous l’avons enfin obtenue"

D’où la mise à pied de 17 d’entre-eux, dont Frédéric Alpozzo et le secrétaire général du comité d’entreprise, Marcel Faure. "Nous avons même reçu les lettres de licenciement pour faute lourde. On veut aussi me retirer mon mandat. Je suis flatté de tant d’égard de la part d’un patron voyou", lance Frédéric Alpozzo qui n’entend pas baisser les bras. "Nous demandions une réunion du conseil de surveillance : nous l’avons enfin obtenue. Elle se tiendra le 24 février. C’est-à-dire dans la foulée des réunions de l’Assemblée de Corse prévues pour les 20 et 21 février". Puis de poursuivre : "Il n’y a pas que nous qui sommes étonnés de cette volonté d’ouverture d’une ligne à partir de Toulon sans qu’aucune analyse n’ait été produite. Il me semble que maintenant, il faut reporter ce projet. Il faut que cette ligne soit suspendue et reportée à une date ultérieure pour qu’on y voit clair et que tout s’apaise enfin".

Jean-Luc CROZEL


La Provence le 08 février 2012

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