Fuji Seal (70) : 57 licenciements non justifiés

Lundi 6 février 2012, par Victor Morrisset // Fuji Seal

Les salariés de l’entreprise Fuji Seal France (Industrie du bois, papier et carton) se sont réunis à la mairie de Fougerolles pour entendre les résultats de l’analyse de l’expertise sur les comptes de l’entreprise. Aucune raison économique ne semble être avancée par la société pour le licenciement de près de 50 % du personnel. Est-ce une délocalisation masquée ?

La Pologne, peut-être, le futur Eldorado de la société Fuji Seal France, implantée à Fougerolles. Et une situation incompréhensible et difficile pour les salariés de l’entreprise réunis jeudi soir. « Une des machines devrait d’ailleurs partir en mars pour une usine en Pologne. En attendant, les salariés travaillent d’arrache-pied pour fabriquer un maximum de stocks, pour assurer le transfert de cette machine », note excédé, un membre du CE.

Trop, c’est trop pour les salariés dont les postes sont menacés. Et la lecture de l’analyse financière sur la situation plutôt positive de l’entreprise Fuji Seal France, qui enregistre un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros en 2011, n’est pas pour rassurer sur le sort des employés : une absence d’endettement, une amélioration faible des résultats, un excédent qui progresse, une augmentation du CA en 2010-2011. À la vue de l’ensemble des éléments fournis par ce rapport « Les raisons économiques ne sont pas justifiées et le plan social n’a pour le moment pas lieu d’exister. Les scénarios proposés par l’entreprise ne tiennent pas la route. Nous attendons des explications plus détaillées de la part de la direction, lors de la prochaine réunion du mercredi 8 février ».

Par conséquent, pour les représentants du comité d’entreprise, les négociations vont se durcir et les attentes dans ce domaine sont grandes. D’autre part, si les licenciements sont inévitables, « les moyens financiers doivent être à la hauteur du préjudice pour que les personnes soient accompagnées dans leur démarche. Fuji Seal France en a les capacités », estime Jean-Pierre Guyot, responsable d’une unité de façonnage.

15 licenciements et non 57

Toutes les hypothèses ont été étudiées par le cabinet d’expertise et « la plus raisonnable serait le licenciement d’une quinzaine de personnes maximum, afin que la société retrouve l’équilibre ». Et non les 57 suppressions de postes annoncées. En attendant, les salariés ont réaffirmé leur volonté de rester solidaires dans leur combat, en commençant par faire entendre leur voix par le biais, d’arrêt momentané de la production lors des discussions des membres du CE avec la direction. Des marches au centre-ville seront programmées pour expliquer leur mécontentement et la mobilisation vis-à-vis des pouvoirs publics va s’intensifier. Mercredi dernier, les représentants du CE avaient rencontré Jean-François Coppé, en visite à Vesoul, pour une ultime sensibilisation. « Nous poursuivons nos actions et nous sommes bien décidés à ne pas nous laisser faire », conclu Jean-Pierre Guyot.

De son côté, le directeur de l’usine, joint hier par téléphone, a dit regretter de n’être pas convié « même en tant que spectateur aux réunions proposées par le comité d’entreprise ». Il n’a pas souhaité s’exprimer sur cette réunion sans connaître précisément toutes les informations qui ont été transmises. Il précise que le dialogue entre les membres du comité d’entreprise est jusqu’à présent « constructif ».

Le Pays - 4 février 2012

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