Les salariés de Cauval (Aveyron) : "On a été lâchés !"

Samedi 4 février 2012, par Victor Morrisset // Cauval

Environ 80 employés de Valubrac, à Bozouls, ont manifesté hier. Ils espèrent quelques certitudes sur leur avenir. "Jusqu’à présent on n’a pas parlé, pour les clients. Mais là c’est trop, on s’est fait berner !", lance une salariée de Valaubrac sur les marches de la mairie de Bozouls, où environ 80 d’entre eux s’étaient réunis hier matin, par moins dix degrés, en réaction à la liquidation, annoncée lundi, des sites de Bozouls et d’Entraygues du groupe Cauval Industries.

"J’ai fini le travail à 22 heures, je l’ai appris par les médias", confie une autre. L’opacité, tant décriée par les élus ces derniers temps, semble être une réalité, aussi, pour les salariés au sein même de leur entreprise.

Ce rassemblement, comme un baroud d’honneur, a permis aux manifestants de montrer leur colère et leur amertume, qui en dit long sur l’état psychologique des 170 personnes dont la moyenne d’âge est de 48 ans…

"On touche toujours le Smic après vingt ans de boîte", dit Jean-Paul, écœuré. Et chacun de dénoncer des conditions de travail à la mesure du fonctionnement de ce groupe leader de l’ameublement, qui a changé six fois de direction en onze ans. La rancœur était aussi sur toutes les lèvres envers "la direction qui nous a menés en bateau, et le syndicat de mèche avec la direction". Le représentant du syndicat (FO), justement, qui n’a pas voulu endosser cette responsabilité : "On a perdu sept mois à cause des élus, du mutisme du conseil général dont j’attends de voir l’attitude." Au-delà des règlements de compte, Jean-Luc Calmelly, le maire, a admis "son échec" et réaffirmé "avoir été manipulé".

Les salariés qui ont arrêté le travail dès l’annonce de la fermeture, attendent surtout de savoir de quoi demain sera fait. Le mandataire viendra mardi, la lettre de licenciement arrivera le 20 février. Hier soir, une réunion se tenait avec la préfète pour officialiser l’obtention de la cellule de reclassement. Le maire met à disposition des locaux "pour ne pas se désunir" et compte sur la solidarité en faisant jouer les réseaux. "Hier, j’ai reçu un mail d’une chef d’entreprise du Ruthénois proposant six emplois. Cela ne règle pas le problème, mais il y a l’espoir."

Midi Libre - 4 février 2012

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