L’avenir de Delbard s’assombrit encore (Allier)

Vendredi 3 février 2012, par Victor Morrisset // Delbard

Le sort des pépinières Delbard de Malicorne sera scellé le 2 mars. Le tribunal a laissé la possibilité aux repreneurs de se manifester jusqu’au 15 février. Les cent vingt-quatre salariés ont du mal à y croire.

"On nous mène en bateau depuis le mois d’avril. " Devant le palais de justice de Montluçon, hier matin, Nadine et Isabelle accusent le coup. Elles ont respectivement trente-sept et trente ans d’ancienneté aux pépinières Delbard et, comme beaucoup de leurs collègues, elles ne croient plus guère à la survie de leur entreprise. " Il n’y aura pas de miracle ", soufflent-elles.

Un peu plus tôt, mine grave, l’avocat du comité d’entreprise, Me Jean-Louis Borie, avait annoncé la nouvelle que tout le monde redoutait : seuls deux dossiers de reprise, dont un " hors délai ", ont été déposés devant le tribunal de commerce. Inacceptable pour la présidente de la juridiction, qui a décidé de prolonger la période d’appel d’offres jusqu’au 15 février.

" Un coup de semonce, juge Me Borie. On a bien senti que le tribunal était beaucoup moins optimiste que la dernière fois (en novembre, NDLR). "

Une nouvelle audience " intermédiaire ", à l’issue de laquelle on connaîtra les éventuelles nouvelles offres de reprise, doit avoir lieu le 17 février. Le 2 mars, le couperet du tribunal tombera définitivement. Le fameux " miracle " évoqué hier matin peut-il avoir lieu d’ici là ?? Des trémolos dans la voix, Ludovic Ramin, délégué CGT, ne cache pas son pessimisme : " Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si dur aujourd’hui. À un moment, j’ai même cru qu’on allait nous annoncer la liquidation pure et simple. "

Dès lundi, l’ensemble du personnel doit se réunir à Malicorne. " Pourquoi continuer à travailler ??, s’interroge Isabelle. Jusqu’à présent, on a toujours assuré. Quand on voit le résultat… "

Hier, en sortant sous les huées des salariés, les représentants de la holding Ariane, propriétaire des pépinières Delbard depuis 2005, sont passés près d’une banderole accrochée aux grilles du tribunal : " On devait devenir le numéro 1 du jardinage. Nous serons bientôt les nouvelles recrues du Pôle emploi. Grâce à vous. "

La Montagne - 21 janvier 2012

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