La liste noire des entreprises qui licencient

Dimanche 29 janvier 2012, par Victor Morrisset // actualité générale

COFINOGA

Il s’agit de la marque la plus connue du crédit renouvelable, ou revolving. Ses employés passent leur temps à vendre de l’endettement, voire du surendettement. Ils ne s’attendaient pas à l’annonce de leur direction. Au moins 400 emplois vont être supprimés au sein du groupe Laser Cofinoga qui en compte 2.600. Pourtant, au premier semestre 2011, la maison mère affichait un bénéfice de 30,8 millions d’euros, encore confortable, bien qu’en chute de 48 % par rapport à l’année précédente. Les financiers ont réagi sans tarder. La BNP est actionnaire à 50 % de Cofinoga, avec les Galeries Lafayette. Il fallait réduire la voilure, d’autant que la loi Lagarde encadrant plus fermement le crédit revolving commence à faire sentir ses effets. A Mérignac, au siège de Cofinoga, c’est la consternation. Les syndicats accusent la BNP de vouloir lâcher Cofinoga au profit de son concurrent Cetelem, que la banque possède à 100 %. Plusieurs élus du Bordelais, dont l’UMP Alain Juppé, demandent à la BNP et aux Galeries Lafayette d’éviter un plan social et dénoncent le risque de licenciements " dictés par les seuls intérêts de la finance ".

PETROPLUS

La raffinerie Petroplusde Petite-Couronne, près de Rouen a finalement annoncé sa demande de mise en faillite le 24 janvier. Que sort sera réservé aux 550 salariés ? Pour l’instant, ils ne savent même pas si les salaires de janvier seront versés… A l’arrêt depuis le début du mois, la raffinerie Petroplus dépend d’une holding suisse. Une enquête pour soupçons de faillite frauduleuse vient d’être ouverte qui vise sa filiale française basée dans les Hauts-de-Seine. Le parquet s’intéresse à un transfert de 100 millions d’euros qui laisse supposer que la filiale a été volontairement appauvrie avant sa cessation d’activité et sa mise en vente. Petroplus holding rejette l’accusation. le groupe semble en difficulté partout et pas seulement en France. Près de 2.000 emplois sont menacés en Europe alors que Petroplus holding se montre incapable de faire face à des engagements financiers pour un montant de 1,3 milliard d’euros. L’intersyndicale CGT-CFDT-CGC se montre réservée à propos des signes d’intérêt manifestés par le groupe suisse Klesch, spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté.

SEAFRANCE

820 lettres de licenciement sont parties ou en passe de l’être chez Seafrance où les syndicats avaient rejeté le plan social proposé par la SNCF car ils estimaient que les indemnités étaient insuffisantes. La compagnie de ferries présente un passif total de 490 millions d’euros. Elle est incapable de faire face à ses dettes, pour un montant de 190 millions. Le ministre des Transports, Thierry Mariani, affirme que 200 employés de Seafrance ont répondu à des offres de réemploi émanant de la SNCF et que 300 autres pourraient retrouver du travail, à terme chez un armateur, le groupe Dreyfus. Un projet de reprise par une coopérative ouvrière est soutenu par Eurotunnel. Le naufrage de Seafrance se traduit également par une guerre interne à la CFDT, les représentants locaux de la centrale syndicale étant mis en accusation par Paris.

EURALIS

La coopérative agroalimentaire Euralisa annoncé hier la suppression de 110 postes au sein de son pôle alimentaire, qui concentre les activités foie gras et traiteur, ainsi que le transfert de 36 postes et le reclassement interne de 50 autres postes. Pour « sauvegarder sa compétitivité ». Le pôle alimentaire emploie au total près de 3.000 personnes.

Plusieurs sites vont être fermés : les plates-formes logistiques de Pont-Sainte-Marie (Aube) et de La Tour du Pin (Isère) ainsi que les sites industriels de Roye (Somme) et Châteaurenard (Loiret).

Jeudi, Euralis avait déjà annoncé le regroupement des activités de Stalaven, aujourd’hui réparties dans trois sites des Côtes-d’Armor, sur le même site d’Yffiniac, au sud de Saint-Brieuc.

M-REAL

Le groupe finlandais M-Real a proposé de mettre en oeuvre un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de 62 millions d’euros pour sa papeterie d’Alizay (Eure) dont il a annoncé à l’automne la fermeture. Cette offre a été faite oralement le 17 janvier par le PDG du groupe, Mikko Helander, lors d’une rencontre à Paris avec l’intersyndicale CGT-CFE/CGC. Dans cette enveloppe figure le financement d’une antenne-emploi, de formations et des indemnités légales et supra-légales qui représenteraient près de 100.000 € en moyenne par salarié. Selon l’intersyndicale, en cas d’accord, l’industriel finlandais ne s’opposerait pas à la cession des actifs de l’usine à un repreneur et au redémarrage de l’activité sur le site. Le Thaïlandais Triple A et le Français Activa Pro seraient intéressés. M-Real avait mis en vente cette usine dans le cadre d’une restructuration européenne visant à transformer ce groupe qui fabrique différentes sortes de papiers et de la pâte, en « une société dédiée au carton d’emballage ». Mais faute d’accord avec un éventuel repreneur, il a indiqué le 24 octobre qu’il fermait le site.

SERNAM

L’ancienne filiale de la SNCF qui emploie 1.600 salariés va être déclarée en cessation de paiement, puis placée en redressement judiciaire en début de semaine prochaine.

« Il y a lundi un comité central d’entreprise, avec à l’ordre du jour une information sur la cessation de paiement de Sernam, qui sera prononcée mardi au tribunal de Nanterre, et sa mise en redressement judiciaire », a déclaré Mohammad Mozaffari, coordinateur CFDT du groupe Sernam. Deux noms de repreneurs circulent à ce jour : Caravelle et Geodis.

L’actionnaire majoritaire depuis 2006, Butler Capital Partners s’est totalement désengagé fin 2011 de l’entreprise, conduisant à la nomination d’un administrateur ad hoc. Les syndicats ont été reçus jeudi au ministère des Transports pour évoquer l’avenir de Sernam.

La filiale Aster (140 salariés) de la Sernam, déjà en redressement judiciaire, va être liquidée la semaine prochaine.

LES AUTRES

Toutes les fermetures d’usines et tous les plans de licenciements ne sont pas aussi médiatiques. Pour compléter le sombre tableau, on peut citer encore l’industriel textile ardéchois Chomarat (120 emplois menacés),le charcutier limousin Madrange (234 postes en passe d’être supprimés dont 102 intérimaires), le Vosgien Ossabois (36 suppressions de postes en quelques semaines), la cave de Mont-Tauch, dans les Corbières (17 salariés de moins), et les 3 Suisses qui vont fermer 35 boutiques (149 suppressions d’emplois). Cette liste n’est pas exhaustive.

L’Est Républicain - 28 janvier 2012

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