Crédit agricole. 850 emplois supprimés en France

Samedi 17 décembre 2011, par cclpv // Crédit Agricole

Après la BNP-Paribas et la Société générale, c’est au tour du Crédit agricole de tailler dans ses effectifs. La banque française a annoncé la suppression de 2.350 postes dont 850 en France.

Crise oblige, le Crédit agricole réduit ses effectifs. La banque française emploie actuellement 160.000 personnes, dont près d’un tiers hors de France. C’est sa banque d’investissement, Cacib, qui fera les frais de cette « cure d’amaigrissement », où 1.750 postes seront supprimés dont 550 en France.

Cacib est implanté dans une cinquantaine de pays et compte 15.000 salariés dans le monde, dont 4.600 en France. En plus, 600 postes seront supprimés au sein de la filiale de crédit à la consommation, Crédit agricole consumer finance (CACF), dont 300 en France, a indiqué Bernard Péchard coordinateur FO. Au total, ce sont donc 2.350 postes, dont 850 en France, qui devraient être supprimés. « Pour la France, la direction annonce un plan où les départs volontaires seront privilégiés, mais cela risque d’avoir ses limites parce que les métiers touchés sont très spécifiques », a expliqué Patrick Papa de FO.

« Nous nettoyons ce qui doit l’être à ce jour dans nos bilans. Nous nous mettons en ordre de bataille », a déclaré, de son côté, le directeur général de Crédit Agricole SA, Jean-Paul Chifflet. Par ailleurs, il a indiqué que le Crédit Agricole SA, entité cotée de la banque française, va accuser une perte nette pour son exercice 2011, liée à une série de dépréciations et de charges exceptionnelles. Le groupe dans son ensemble restera, lui, bénéficiaire. Autre mesure spectaculaire, l’établissement a renoncé à verser un dividende au titre de 2011. Une première en dix ans de cotation.

« La seule solution »

Le Crédit agricole est donc le troisième établissement français à annoncer des réductions d’effectifs. Avant lui, BNP-Paribas et la Société générale avaient fait de même. Et là aussi, ce sont les banques d’investissement qui étaient concernées. Cette « cure d’amaigrissementest la seule solution dans tous les établissements », estime Régis Dos Santos président du syndicat SNB. Face au contexte économique tendu, les conditions de financement des banques se sont en effet durcies. « Aujourd’hui, on demande aux banques d’avoir des fonds propres très élevés », poursuit Régis Dos Santos.

Or, les banques de financement sont très consommatrices de fonds. Résultat, « on se débarrasse des activités qui exigent d’avoir des fonds propres importants », et ce alors même que le régulateur européen a revu à la baisse leurs besoins de fonds propres. Mais c’était sans compter sur les agences de notation, Standard and Poor’s et Moody’s, qui les ont placées une nouvelle fois sous surveillance.

Le Télégramme - 15 décembre 2011

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