Le tribunal de commerce de Paris offre un sursis aux salariés de SeaFrance

Vendredi 23 décembre 2011, par cclpv // SeaFrance

Lundi après-midi, les 200 salariés de SeaFrance, venus en bus devant le tribunal de commerce de Paris pour défendre le projet de société coopérative et participative (SCOP), ont poussé un cri de soulagement à l’annonce de la décision du juge.

Le juge n’a pas prononcé l’application immédiate de la liquidation judiciaire et a donné un délai supplémentaire à la SCOP, jusqu’au 3 janvier, date de la prochaine audience où sera décidée la reprise ou la liquidation. Didier Cappelle, Éric Vercoutre et Bruno Landy, les porteurs CFDT de la SCOP, ont jusqu’à cette date pour récolter les fonds nécessaires au financement de leur projet.

Où est l’argent ?

Aujourd’hui, il lui manque une avance de 50 millions d’euros pour permettre une reprise d’exploitation et l’assurer le temps que la société d’économie mixte qui rachètera un navire se constitue et soit en mesure de rembourser cette avance. La SCOP ne dispose pour l’heure « que » de 15 millions d’euros (conseil régional, conseil général du Pas-de-Calais, Cap Calaisis, villes de Calais, Grande-Synthe, Gravelines, Oye-Plage, Marck, Étaples et Le Touquet...).

Jean-Michel Giguet, président du directoire de la future SCOP, qui a présidé pendant plusieurs années Britanny Ferries, s’est exprimé : « Je crois à ce projet de SCOP. SeaFrance a une flotte de qualité et le trafic dans le détroit est suffisamment porteur pour deux compagnies(SeaFrance et P&O). J’ai à coeur, comme la CFDT, de maintenir les emplois et le pavillon français. »

D’ici au 3 janvier, les porteurs de la SCOP comptent sur un sursaut de l’État et donnent rendez-vous aux salariés demain après-midi devant la cour d’appel de Paris, où une nouvelle audience est prévue. Il s’agira de défendre la reprise des rotations des ferries SeaFrance.

En effet, depuis plus d’un mois, les quatre ferries sont à quai. « Il est grand temps que les bateaux reprennent le large. La CFDT va demander une condamnation de la SNCF et ses administrateurs à verser une somme de 160 millions d’euros pour les 34 jours d’arrêt des navires.

Dans une lettre du 8 novembre, Pierre Fa, président du directoire, avait prévu l’arrêt des navires à partir du 15 novembre et ce, quelle que soit la décision du juge le lendemain. C’est irrespectueux des juges. Et vis-à-vis des salariés, c’est une atteinte à la liberté de travail », a expliqué Didier Cappelle, secrétaire du syndicat maritime Nord CFDT.

La Voix du Nord - 20 décembre 2011

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