Manifestation devant le siège d’Arkema

Lundi 5 décembre 2011, par cclpv // Arkema

Lundi au siège d’Arkema en région parisienne, une manifestation de salariés appelés à bloquer l’ensemble des sites du premier chimiste français pour dénoncer un projet de cession d’activités, a été houleuse.

Bris de verre dans le hall d’entrée, chaises renversées, cloisons cassées : "des actes assez violents" ont été commis au rez-de-chaussée du siège de Colombes (Hauts-de-Seine), entraînant le report d’un comité central d’entreprise et l’évacuation de l’immeuble, selon la direction.

La CFE-CGC a immédiatement condamné ces "actes de vandalisme", tout en réclamant des "garanties" sur la cession.

Sur les quelque 750 manifestants (600 selon la police), certains s’en sont pris à la façade de verre de l’immeuble, après des heurts avec les CRS. Des sièges en plastique ont été brûlés devant l’entrée principale pour bloquer l’accès, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le groupe Arkema a l’intention de céder à Klesch, dont le siège est à Genève, ses activités vinyliques, principalement basées en France avec 1780 salariés et 850 à l’étranger, assurant que cette vente "pour zéro euro" se ferait "sans aucune restructuration de l’outil industriel".

"Arkema sort la Klesch-nikov", "l’avenir appartient à ceux qui luttent", pouvait-on lire sur des banderoles devant le siège, au milieu d’un concert de klaxons et pétards.

A l’issue d’une rencontre dans la matinée entre une délégation syndicale et la direction, les salariés ont accepté l’ouverture d’un CCE dans l’après-midi, la direction posant comme condition le retour au calme et la sécurisation du site.

"Pour nous, il s’agit de contrer ce plan. L’essentiel c’est de faire voter une délibération pour ensuite contester le plan devant les tribunaux", a lancé Jean-Marie Michelucci, coordinateur syndical CGT Arkema.

"On est en train de sous-traiter un plan social à un américain, Garry Klesch. On ne peut pas faire confiance à un aventurier de ce type", a-t-il poursuivi, citant comme exemple le rachat août 2010 d’une usine en Allemagne, suivi de licenciements.

"Nous attendons du gouvernement qu’il explique aux actionnaires que eux aussi doivent faire des sacrifices. Notre seul mot d’ordre c’est le retrait du projet !", a souligné le délégué cégétiste.

Pour dénoncer le "démantèlement" du pôle vinylique et le fait qu’Arkema ne précise en rien la viabilité du projet" car "la bonne santé financière de l’entreprise ne justifie en rien ce projet", FO, la CGT et CFDT avaient appelé à la grève.

Les sites directement concernés par le plan de cession étaient à l’arrêt depuis dimanche matin, selon la direction, alors que les principales plate-formes du groupe étaient perturbées par solidarité comme à Serquigny (Eure).

Dans les Bouches-du-Rhône, "toutes les installations étaient à l’arrêt depuis dimanche 04h00" à Lareva, a indiqué le directeur, Eric Ratier, et la situation était indentique à Fos.

Du personnel chargé du suivi et de la sécurité reste toutefois sur place, une procédure qui permet le redémarrage des installations "en quelques heures", a précisé M. Ratier.

Selon lui et le directeur de Fos, Jean-Philippe Gendarme, la fin du mouvement ne devrait pas intervenir avant mercredi, mais reste conditionnée à l’évolution de la réunion à Paris.

Sur le groupement de recherches de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) une centaine de salariés (sur 150), étaient en grève lundi et ont effectué un débrayage de 08H00 à 10H00 entraînant l’arrêt des unités de production pour une durée de 24 heures, de même que sur le site de Mont.

Aucune action n’était prévue à Jarrie (Isère) ni à La Chambre (Savoie).

Libération - 5 décembre 2011

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1 Message

  • Manifestation devant le siège d’Arkema 6 janvier 2012 13:23, par stokmadada

    Les ouvriers sont en lutte !!
    Nous ne laisserons pas faire les patrons voyous !!
    Ils ont oubliés que derrière les matricules il y a des hommes et que sans les ouvriers les le Hénaff ,otto taken et compagnie ne sont rien…
    On va leur rappeler ce qu’est le pouvoir prolétarien, le saccage du rdc du siège social Arkema à la Garenne Colombes n’est que le premier acte !!!
    Nous ne laisserons pas continuer la désindustrialisation de la France, les pouvoir politique vont devoir prendre leurs responsabilités car n’oublions pas que cette cession au fond d’investissement Gary Klesch (meilleur ami du sinistre Bernard maddof) n’est en fait qu’une fermeture à terme de tout les sites concernés …
    Gary Klesch à pour habitude de reprendre des sites que les grand trust industriels du cac 40 SACRIFIENT afin de booster leur actionnariat ,puis de proposer aux ouvriers des baisses de salaires ou du chômage partiel puis fermeture et licenciement sec !
    En cette veille de campagne électorale les ouvriers de France seront se souvenir des dégâts causé par les banquiers et les politiques qui autorisent ces méthodes.
    Nous pouvons nous appuyer sur cette célèbre citation de Tomas Jefferson qui en visionnaire avait compris le danger du pouvoir des banques :

    « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses que les armées… Si le peuple américain permet un jour aux banques privées de contrôler la création de monnaie, les banques et les sociétés qui grandiront autour des celles-ci déposséderont les gens de leurs biens jusqu’à ce que leur enfants se réveillerons sans rien dans la rue, sur le continent que leurs ancêtres ont conquis.
    Tomas Jefferson 1743-1826

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